Seattle est au rock n'roll ce que Bethléem est au christianisme.
Spin Magazine (1992)

On a besoin qu'il arrive à nouveau quelque chose comme ça - pour changer la face de la musique. Tout de suite!
Mike Inez (Alice In Chains)

13/06/2019

Le Grunge est mort... Longue vie au Stoner!!!

Soundgarden me manque!!! Cri du cœur de Peeper Keenan (Corrosion of Conformity) à l'aube du tournant du siècle, dans une interview pour Hard Force Mag.

L'autre fois, en partageant une bière tout en discutant du premier bouquin sorti sur le stoner en français (Stoner : Blues for the red sun de Jean-Charles Desgroux), une révélation du genre christique nous a été donné : le grunge est mort, vive le stoner!!!!


 Je m'explique. Avec plus de 20 ans de recul désormais sur un mouvement hétéroclite et tiré par les cheveux longs (comme tout mouvement musical) ou l'on a casé tout ce qui sonnait gros riffs mastoc versus longues plages évasives voire psychées, mouvement amorcé donc au milieu des 90's, il faut se rendre à l'évidence que le stoner (et par extension le doom) partage plus avec une certaine idée du grunge, de l'alternatif, du rock burné, qu'avec son voisin métalleux. Vous me direz : vvvvooouuii hheeeuu alors zut le stoner c'est quand même plus ou moins vaguement du 100% plagiat de Black Sabbath, lequel est à l'origine de toutes les branches du métal actuel. Donc stoner = métal. Je vous répondrais ok d'ac, y'a pas l'ombre d'un doute que le stoner dude venère Black Sabbath. Même si j'en penserais pas moins que c'est avant tout un cliché... Qu'est ce qu'ont en commun les Kyuss, Corrosion of Conformity, Fu Manchu ou Clutch, si ce n'est un mélange des genres plus ou moins prononcé entre l'explosivité du punk hardcore et le rock riffé des Led Zep, Blue Cheer ou Black Sab bien sûr. Qu'est ce qu'ont en commun Soundgarden, Nirvana ou les Screaming Trees, si ce n'est le même mélange entre le rock des années 70 et le punk hardcore des années 80... Un nombre incalculable de ces groupes, qu'ils soient de Seattle d'abord, de Palm Desert, Atlanta ou du New Jersey ensuite, ont débuté dans les mêmes périodes, dans les mêmes milieux undergrounds de leur propre espace géographique. Et tous autant que les autres, montraient une addiction pour les riffs monstrueux à faire mémé s'auto-pousser dans les orties... Rappelons que Soundgarden ou les Screaming Trees ont débuté sur SST, le label fondé par Greg Ginn, guitariste de Black Flag, à l'origine du renouveau des riffs lents et lourds avec la fameuse face B de My War. Et qui comprenait en son sein, bien que dédié au hardcore, l'un des premiers groupes ouvertement autoproclamé suiveurs de Black Sab, et ayant grandement contribué à construire le pont entre punk et gros riffs : Saint Vitus. On y est...


En parlant de Soundgarden, je vais me répéter, je l'ai souvent évoqué dans ce blog, mais il m'a toujours semblé qu'un tel groupe pouvait en apprendre beaucoup à la horde des plus ou moins miteux groupes stoner du moment. Ultramega Ok, voire plus encore Louder Than Love, ont toujours sonné pour moi comme certains des albums fondateurs du stoner. Tout comme les premiers Melvins. Eux restent à mon goût les véritables inventeurs du riff robotique poussé à l'extrème et décliné sous toutes les manières chez les adeptes du stoner. Gruntruck ou Alice In Chains restent des maîtres en matière de gros riffs mi-plombés mi-dépressifs, qu'on peut retrouver par exemple chez Hangman's Chair, l'un des fers de lance du stoner doom hexagonal... Nebula, trio constitué d'anciens Fu Manchu, a parfois des faux airs de Mudhoney, avec qui ils ont partagé fut un temps le même label : Sub Pop. Sundrifter, un bon outsider dans le milieu stoner actuel, pue le Soundgarden à plein nez, même s'il garde un style bien à lui... Tout comme Gas Giant, fer de lance danois du stoner des années 2000. Inversement, les groupes originels du stoner comme Kyuss ou Monster Magnet ont à leur début été sans l'ombre d'un doute pour beaucoup, catalogués grunge... Nous y sommes. 

De même plusieurs membres éminents de la communauté de Seattle sont désormais passés à un grain plus rude, apparenté au stoner : Van Conner ex Screaming Trees qui fonde Valis, au son psyché pas si éloigné de son premier groupe, signé chez une des écuries stoner historiques, Small Stone, ou Tad Doyle passé au doom avec son projet de longue date Brothers Of The Sonic Cloth. D'autres ont accompagné l'avenement du stoner en participant aux Desert Sessions de Josh Homme, ainsi qu'aux fondations de Qotsa, mené par le même bonhomme : Matt Cameron, Van Conner, Ben Shepherd, Barrett Martin ou Mark Lanegan... Dave Grohl bien sûr, au delà de son implication dans le 3ème album mythique des Qotsa, devient dès 1992 et la sortie de Blues for the Red Sun de Kyuss, un fan invétéré, au point de commander l'album en plusieurs exemplaires pour en faire la promotion dans son entourage... Matt Cameron et Ben Shepherd, suite à une tournée en compagnie des jeunes Monster Magnet, se lient d'amitié avec John Mc Bain, guitariste sur l'ultra culte Spine Of God, premier album hallucinogène des MM, et fondent ensemble Wellwater Conspiracy... Dans le sens inverse, Josh Homme a accompagné les Screaming Trees en bout de course sur une de leurs dernières tournées, et Nick Oliveri, ancien bassiste de Kyuss, était Rex Everything chez les Dwarves... On le voit, les ponts entre les 2 « étiquettes » sont légions. 

Le stoner est bien une extension logique et filiale du grunge. De pauvres étiquettes pour des scènes décomplexées, pas effrayées pour un sous de mixer 70's et 80's en la seule décennie 90's. Si le grunge est avant tout la mise en avant d'un mouvement local, l'origine du stoner, lo Desert Sound, est aussi l'avenement, à l'instar du grunge, d'une scène oubliée de tous, loin de tout, et pratiquée en petit comité au fin fond du trou du cul du monde... Même combat...  


Disons simplement que le rock burné n'a pas besoin d'étiquettes... Disons qu'en fait on s'en fout de tout ça... Du moment que ça valse.

Pour les amateurs, à absolument regarder : Lo Sound Desert, documentaire qui retrace l'histoire de la scène à l'origine du desert rock et de Kyuss, entre ennui total, skate et generator party sous 40° à l'ombre...  Trailer ci dessus... Quelques morceaux de groupes suscités ci dessous :


25/05/2019

Seattle Grunge's Anecdotes : Charles Peterson face aux L7


Charles Peterson (photographe star de la scène de Seattle) : Les filles de L7 se sont posées dans mon salon, et elles ont été terribles : elles m'ont mis dans l'embarras, rendu foux mes voisins et tout dévasté. c'est la séance photo la plus folle et la plus réussie de toutes celles que j'ai réalisées. Une de ces photos a illustré la pochette de leur single "Shove", sorti chez Sub Pop, 1989


Les L7, adoptées par Seattle et Sub Pop dès 1989 avec la sortie de Smell the Magic, pour des raisons évidentes d'affinités de son d'abord, d'esprit ensuite, assoient leur popularité en rudoyant les mâles testostéronés durant des concerts ultra physiques où elles savent montrer qui sont les patronnes (voir ICI)!!!


02/11/2018

State of wine and cheese : "the french tribute to Pearl Jam" est dans les bacs!!


Suite logique à l'aventure collective que fut la pétition "Pearl Jam France 2018", et à l'émulation toujours vivante, vivifiante et joyeuse du groupe qui s'est formé à cette occasion, voici venir par la grâce de sieur Gian un tribute à Pearl Jam unique en son genre, regroupant 13 groupes franco-belges (12+1), et que vous pourrez vous procurer incessamment sous peu sur Amazon. Pour rappel, le groupe Pearl Jamily France sur facebook, c'est !!!


19/03/2018

Plus de 2000 signatures pour PJ France 2018!!!





Pétition ICI
Groupe facebook

The Inspector Cluzo, grand fan de PJ, s'est proposé pour assurer la première partie!!!

24/05/2017

Retour sur le grunge à l'occasion de la disparition de Cornell, par Very Good Trip sur France Inter


Very Good Trip s'est lancé hier soir dans une émission spécial grunge, à l'occasion de la disparition de Chris Cornell. Une belle heure de musique, avec quelques conneries et clichés inhérents au journalisme d'aujourd'hui, mais surtout avec une chouette sélection musicale, qui ne s'est pas contenté de faire au plus simple : exit Nirvana, mais du Trees, du Alice, et des vieux morceaux de Soundgarden, qu'on n'aurait jamais imaginé sur une radio nationale comme France Inter. Rien de nouveau donc pour les fans ultimes, mais ceci dit on passe quand même un moment très sympa... A récouter  

Aucun extrait cependant de Louder Than Love, peut être l'album le plus dangereux, dans le sens malsain, de toute la vague grunge. Sous tension permanente, oppressant, massif, un ovni musical à l'époque. Album qui impressionna Kirk Hammett himself, qui avoua s'être inspiré des riffs mastocs de Louder pour composer le Black album...  Scud mésestimé donc en comparaison des perles du groupe que sont Badmotorfinger et Superunknown, mais bel et bien pierre angulaire de la discographie des Cornell and co.

19/05/2017

Fell on black days... Décès de Chris Cornell


Scott Mc Cullum (batteur de Skin Yard, Gruntruck, 64 Spiders), parlant des débuts de Soundgarden : Chris était un gars très calme, réservé. Les gens prenaient ça pour une sorte de distance inhérente aux rock stars, mais ce n'était pas ça. C'était juste son caractère (...) Un jour on était dans la bagnole de Chris, en route pour un concert de Georges Thorogood. Chris conduisait, et tout d'un coup nous sort : les gars, je vais tenter de me mettre au chant... Et il se met à chanter à plein poumon!! On était plié de rire. Mais lui était super sérieux!

Mark Arm : Je connaissais les mecs de Soundgarden avant qu'ils soient Soundgarden. Ce groupe de reprise (The Shemps). Je ne savais jamais trop quel morceau ils jouaient, mais mon impression globale était que, quoi qu'ils jouaient, Chris sonnait exactement comme le chanteur de la chanson originale. Si ils jouaient les Doors, il sonnait exactement comme Jim Morrison. J'étais impressionné : Wow, ce gamin sait vraiment chanter...

18 mai - 4h00 du mat' (22h00 le 17 mai à Détroit) : l'heure d'aller bosser. La belle heure : il pleut, il fait bon malgré tout. Et j'aime ça bosser tranquillement de nuit, en sachant que les gouttes tombent dehors... Avant de traverser le jardin pour accéder à mon petit espace de travail, un rituel à respecter : remplir ma clé de quelques albums sympas à s'écouter pour la journée. Aujourd'hui... il me faut du Soundgarden!!! J'sais pas pourquoi : disons que, sur le coup : conforme à l'ambiance matinale... et pis ça fait un bail que j'ai pas écouté ce groupe que je porte au plus profond de moi, celui qui avec Pearl Jam, m'a tant fait revé... Il y a 5 ans tout rond, en 2012, j'étais au premier rang au Zénith de Paris pour tripper enfin en live sur mes idoles de jeunesse. En 2014, c'était au Hellfest. Que du bonheur!! J'espère pouvoir à nouveau les voir si ils reviennent en Europe dans les années à venir... Il faudra d'ailleurs, pour qu'ils défendent ce nouvel album que Chris a annoncé il y a une petite année...


5h30 (23h30 à Détroit) : l'heure du p'tit dèj. Déjà 1h30 de taf et le temps d'écouter en boucle le disc 1 du dernier Echo Of Miles. Rrraahh le Soundgarden première époque!!!! Rraaah les Toy Box, Heretic ou Cold Bitch. Cette ambiance de fin du monde (ou de génèse de l'univers, voir ici) que portent ces titres!! Cette putain de lourdeur dans les riffs... Et cette voix bordel!!! Respect immense pour ce mec, Cornell!! Dire que c'est dans un vide grenier il y a plus de 20 ans maintenant, que j'avais trouvé l'exemplaire promo de Cold Bitch. Face B : Exit Stonehenge. La claque!! J'avais plus ou moins 18 ans à l'époque, et je vénérais Soundgarden et ce son massif des débuts du groupe. Cold Bitch a toujours été pour moi le lien entre le Soundgarden des débuts et la période Badmotorfinger. Une batterie épaisse mais qui claque, et toujours des riffs d'une lenteur et d'une lourdeur titanesque!!!! Surement que mon amour du stoner vient des Melvins... Mais merde, c'est certain qu'il vient aussi de Soundgarden!!


10h30 : Deuxième pause. Superunknown dans la tête. Si j'avais à en emmener 3 sur une île deserte, celui là serait partie d'un trio formé du Mezzanine de Massive Attack, et bien sûr du Vs de PJ. Superunknown, c'est pour moi un des albums qui défini le mieux ce qu'est le grunge, tantôt mélancolique, tantôt rentre dedans, toujours accrocheur. Le morceau-titre en lui même est ce que Soundgarden a fait de mieux : Cornell y excelle, et le solo de Thayil rappelle que l'homme est un des meilleurs guitaristes de sa génération. Je jette un oeil sur le site officiel du groupe... Sans conviction... Y'a pas grand chose à se mettre sous la dent sur ce site, je le sais bien... Pourtant j'y reviens à deux fois... Comme si ce jour là j'attendais quelque chose... 

19 mai - 6h00 : En bon autiste de l'info, j'apprend avec retard la triste nouvelle par une news de Seattle Sound, le blog de mon amie Sly... Merde alors, bad news : Cornell se serait fait la malle... Mercredi soir, jeudi matin vers 5h30 chez nous avec le décalage horaire... Putaing de chiotte!!! Un je ne sais quoi me ferait bien dire que c'était dans l'air...

8h00 : Le choc est passé... Oui parce que dans ces cas là il y a toujours un choc. Il faut bien se rendre à l'évidence : cette fois Soundgarden, c'est bel et bien à jamais fini. Thayil va retourner faire le mort. Cameron ne jonglera plus entre ses deux amours de groupes. Shepherd le rebelle, Shepherd le sensible trouvera, j'espère, une autre voie... 

Mais il faut bien se rendre à l'évidence : cette fois Soundgarden, si ce n'était déjà fait, rentre à jamais dans la légende. A jamais les Fresh Tendrils, 4th of July, Outshined, Room A Thousand Years Wide, Hunted Down, Nothing to Say, Hands All Over, Gun, Flower ou Beyond the Wheel... A jamais cette voix inimitable, reconnaissable entre toutes... A jamais cet archétype du grunge, ce gars ténébreux qui en 1989 bouffait le micro boots en avant. Longue vie à la légende...

Dehors un rayon de soleil perce le noir des nuages et tape dans les gouttes d'une averse. C'est bô!! Finalement la journée s'annonce belle... Putain que la vie est belle!!!! Pour des tas de raison!!! Mais entre autre un peu aussi parce que les Cornell, Vedder ou Thayil, ont su lui donner ce mordant, cette énergie nécessaire à son épanouissement. La musique, c'est aussi ça pour moi : une transmission d'énergie d'un musicien à son public. Et Soundgarden était le maître incontestable d'une énergie bien spécifique. Soundgarden véhiculait la Puissance avec un grand P. Une putain de Puissance. Une Puissance mystique. Qui te faisait te sentir grand. Très grand. Fort. Très fort. Juste avec une putain de voix et des putains de gros riffs!!! Et cette Puissance là restera éternelle. Elle est en moi chaque fois que j'écoute ce groupe... Chris Cornell en était l'âme.

15/11/2016

Layne Staley : les dernières années...

Putaing en ce moment je revisite à fond les vieux classiques grunge... Après PJ, Alice In Chains!!! Normal c'est l'hiver... Et il pleut... Du coup d''habitude j'essaie de faire rire, aujourd'hui j'ai décidé que j'allais faire chialer héhé!!! Ben quoi??? C'est sympa un p'tit coup de déprime de temps en temps merde alors!!!!


Alice In Chains.... Puissance de feu musicale inégalée parmi les tenants du Seattle Sound, riffs imparables (même en 2016 : écoutez Phantom Limb sur le petit dernier... une tuerie...) et........... désespoir le plus total... Vain dieu quelle angoisse en toile de fond!!!! Rrrraahhh c'est jouissif AIC, y'a pas à chier, une sorte de pendant metal du grunge, mais faut quand même être plutôt sain d'esprit pour écouter ça en boucle... Faut croire que ces mecs n'ont jamais réussit à juste faire les choses à moitié... Toujours dans les extrêmes... Alice était certainement le groupe le plus borderline de Seattle, j’entends par là 4 gars qui vivaient quasi comme des SDF, en ruptures familiales (Staley, Kinney et Cantrell vivaient sans toit, les deux premiers virés par leurs parents, le dernier seul après les décès cumulés en 6 mois de sa grand mère et de sa mère, avec lesquelles il vivait), qui ne savaient souvent pas ce qu'ils allaient manger au prochain repas, et qui, bordel, jouaient une musique tellement puissante, tellement catchy!! Je pense que ces 4 gars étaient pour toutes ces raisons là des morts de faim, déterminés à sortir la meilleure musique possible... Mais aussi 4 gars plus que tout autre perméables à toucher le fond d'une certaine noirceur...

Ceci dit, même dans la mort les mecs ils font mieux que les autres!!! Mike Starr décédé en 2011 pour probablement abus de drogues. Et bien sûr Layne Staley, chanteur emblématique du groupe, qui vire de bord en 2002, après une dizaine d'années à creuser sa tombe, excusez du peu, à main nue!!!  Écorché vif le mec!!! Genre "j'veux vraiment en chier pour crever". J'aime vraiment Staley, pour sa voix extraordinaire, son attitude de clodo, tous ces albums qui seraient carrément moins excitant sans lui (Jar Of Flies en tête) mais pas pour tout le temps qu'il a mit à mourir... Toxico depuis les débuts d'AIC, Layne Staley s'enfonce progressivement dans la déprime, et particulièrement suite à la mort de sa petite amie, Demri Parrot, en 1996. Ce fut le vrai commencement de sa descente aux enfers. A partir de cette date, il se cloitre chez lui dans ce qui apparait un voie sans retour possible. Tout aura été fait par les membres de son groupe, ainsi que son entourage, Krist Novoselic, Mark Lanegan ou autre, pour le sortir de la spirale infernale. Sans succès.

Nick Pollock (guitariste d'Alice N'Chains, et My Sister Machine) : J'ai vu Layne pour la dernière fois probablement 1 an et demi avant sa mort. Je marchais sur Broadway à Seattle, et j'ai vu ce mec trainer dans la rue. Il avait l'air d'un vieux de 80 ans, avec sa fausse perruque blonde frisée et ses fringues bizarres, dépareillées. Il avait l'air d'un clodo. Il avait l'air juste cinglé. Je pensais que c'était un déguisement. Mais quand je l'ai vu de profil, j'ai pensé : "Oh my fucking God". Je venais de comprendre qui il était. Je l'ai interpellé, il s'est retourné : "Nick!!". Et il m'a fait une grosse accolade. J'étais sous le choc : c'était un squelette. Je crois qu'il n'avait plus de dents. On a eu une chouette conversation, et on s'est promit de se revoir. . Mais c'était irréel. C'était un cauchemar. Je ne savais pas à qui je parlais vraiment. A mon ami, mais en même temps ce n'était plus lui. J'étais tellement choqué. Je suis rentré à la maison, et j'ai pleuré.

Jeff Gilbert (journaliste musical et organisateur de concerts) : Layne se séquestrait lui même, et ne faisait rien d'autre que jouer aux jeux vidéos et prendre des drogues. je suis tombé sur lui à peu près 6 mois avant sa mort, dans le U District. Il avait l'air d'une vieille version de lui même, comme s'il avait 80 balais. Il était jaunâtre, ses yeux étaient tellement creusés, tellement sombres. Dans une tentative pour être drôle, je lui ai dis : "Putain mec, tu devrais sortir au soleil plus souvent". Mais je sentais en lui cette somme de tristesse hallucinante. He was a dead man walking.

Susan Silver (manager d'AIC) : Sean appelait Layne tout le temps. Il pouvait l'appeler tous les jours pendant 6 mois. Layne ne répondait jamais. Pas parce qu'il avait quelque chose à reprocher à Sean. C'était juste qu'il était dans sa bulle.


Mike Starr (1er bassiste d'AIC) : Il est mort le jour d'après mon anniversaire. Et j'étais avec lui ce jour là, le jour de mon anniversaire, essayant de le garder en vie. Un moment je lui ai demandé si je devais appeler les urgences, et il m'a répondu que si je faisais ça et il ne me parlerait plus jamais. Bien sûr, je ne savais pas qu'il était en train de mourir, sinon j'aurais appelé. 
Layne m'avait juste dit : "Je suis malade". J'avais pris de quoi planer à mort ce jour là. Il était agité de ne pas me voir redescendre. Il m'engueulait d'avoir pris ces pilules. On s'est pris le bec et je me suis barré. Et ses derniers mots pour moi furent : "Pas comme ça, ne part pas comme ça". Je l'ai juste laissé là, assis. Ses derniers mots étaient : "Pas comme ça".... Je peux pas croire ça. J'ai tellement honte de ça.

Sean Kinney (batteur d'AIC) : Ça a été un des suicides les plus longs du monde. J'attendais cet appel depuis longtemps. Depuis 7 ans en vérité. Mais ça n'a pas empêché de me choquer le moment venu.

Mike Inez (2ème bassiste d'AIC) : A ce moment précis j'étais vraiment mal. Randy Castillo, mon meilleur ami, le batteur du groupe d'Ozzy (Osbourne), et mon mentor, venait de mourir d'un cancer. le lendemain de mon retour des funérailles, j'ai eu un appel de Sean. "T'es bien assis??.... Layne vient de mourir". "Oh my God, tu déconnes???" Ça a été l'une des pires périodes de ma vie.

Mike Starr : Quand le groupe s'est formé, on est tous devenu comme des frères, spécialement moi et Layne. On se marrait comme des fous, on riait tous énormément. On s'est toujours tous supporté les uns les autres. J'étais chanceux de jouer avec ces gars. 
Un jour, j'ai croisé Jeff Ament. Il m'a fait remarquer : "C'est dingue de vous voir toujours tous les 4, vous êtes toujours tous ensemble les gars, en toutes circonstances!!". J'étais là : "C'est vrai mec. On est les 4 mousquetaires, mec". On vivait pour ce groupe. C'était notre seul intérêt dans la vie.

Ci dessous un petit extrait de Jar Of Flies justement, certainement un des albums de rock parmi les plus foncièrement bô. Je peux pas dire autre chose que ça. Il se dégage de ces morceaux quelque chose de simplement magnifique... Juste dire aussi que les deux derniers albums d'AIC sont des tueries. A écouter absolument. Ils ne sont pas si loin en qualités des classiques du groupe... 




PS : Saviez vous que les deux amants sur la pochette de Mad Season sont en réalité Layne et Demri...

15/10/2016

Drive Blind les yeux bandés!!

Tiens? Ce blog n'est pas abandonné? QUOI????? LE MEC SERAIT TOUJOURS VIVANT???? Dis moi pô que c'est pô vrai!!!!! Juste le mec il vient de se réécouter dans le désordre la disco complète de son groupe de toujours, Pearl Jam, en se disant que le petit dernier n'était en fait pas si mal, et même plutôt bon. Et même carrément bon. "She's a lightning bolt... lightning bolt"... Puissant ce morceau. Et de lire, enfin, dans un petit plaisir coupable, la somme en quasi 400 pages qu'est "PJ Twenty". Et de revoir le docu PJ20... Y'a pas à chier, c'est le plus grand groupe du monde!!! Héhé. 

Bon, juste pour dire aussi que dans le dernier Noise était fait mention de Drive Blind, ovni musical dans la France des années 90, et de la ressortie de Be a vegetable, remarquable album complètement dans l'air du temps à l'époque, tout en rage et tension, agressif, massif, et qui n'avait p**** de rien à envier à ses homologues us... De lire ça m'a gentiment rappelé ce moment d'adolescence ou j'ai pour la première fois eu vent de l'existence de ce groupe, via si je me souviens bien, une chronique de feu Hard Force ("n°27 : toute l'année hard 1994", putaing je viens de retrouver la couverture sur le net) épluchant l'EP de 1994 justement, Tropical Motion Fever, plus orienté sur un rock noise j'aurais tendance à dire pro Dino Jr vs Sonic Youth, genre petite voix gentille et lancinante perdue au milieu du chaos sonique. Super bien ficelé, enchainements de chouettes chansons grunge pop, tel Smile Like Elvis ou Television... En ce temps béni j'avais flashé sur la pochette (rien que la face du gosse...) , mélange d'innocence et d'agressivité, un peu comme la musique du disque en fait. Merci New Noise de m'avoir amené à réécouter ça 20 ans après!!! Vraiment à redécouvrir... 


A plus les aminches!!!

26/09/2015

The Melvins au Levitation France, Chabada, Angers, 18 septembre

Rrrraaaahhh bordel the Melvins!!!!!!!!!.......................................... Putain merde the MELVINS à 40 bornes de chez moi!!!!??? The Melvins : ceux qui firent le lien entre mon amour pour le grunge et ma vénération du stoner-doom, légendes ultimes du premier, précurseurs indiscutables du second, inventeurs avant l'heure de ces longues plages lourdes, lentes et reverberisées qu'on appela par la suite "drone" avec le succès de groupes tel Sunn O))) (écoutez moi Hung Bunny sur Lysol : un monument)... Mes idoles de jeunesse quoi!!!! Enfin, nos idoles de jeunesse, puisqu'on était deux vendredi dernier pour assister au phénomène, en clôture de la première des deux nuits du festival Levitation France d'Angers, chouette rassemblement d'amoureux de musique psyché importé d'Austin, Texas par ses inventeurs : The Blacks Angels... Allez va, je vous laisse avec mon pote Arnaud, bloggeur émérite et amoureux de toutes les musiques, qui saura vous faire vivre cette belle soirée : voir http://ziqueinmyhead.blogspot.fr/
 
Ceci étant dit, je tiens juste à dire que oui, même les plus grand guerriers ont droit au repos de leur propre cul, surtout quand ils mesurent 1,70m sur la pointe des pieds...
 
 
Le festival créé par les Black Angels (anciennement nommé le Heavy Psyche Fest), basé à Austin, se délocalise depuis 3 saisons à Angers. Pas eu l’occasion d’y aller les saisons précédentes et j’ai lamentablement loupé la venue des Black Angels la première année. Là, c’était l’occas’ à ne pas manquer ! Et puis voir les Melvins en tête d’affiche d’un festoche dit Psyché, ça vaut son pesant de cacahouètes, non ?
 
L'affiche !
 
Arrivés sur place avec Antho, première constatation : heureusement que la pluie s’est arrêtée de tomber. Une scène est plantée dehors et deux zicos font un boucan d’enfer ! Un guitariste et un batteur (Solids), qui jouent un Rock Heavy qui sent bon les 90’s. Entrainant. Et ça tient plus que la route malgré le son brouillon qui résulte de cette scène un peu coincée entre un bâtiment et un mur. Bonne entame (comme la bière) !
 
La suite se passe à l’intérieur ! K-X-P est déjà sur scène (ça ne chôme pas entre les concerts !). Deux batteurs + un guitariste/chanteur (Hurleur)/bidouilleur de sample ! Les mecs sont grimés de longues tenues noires avec capuche, forçant encore plus la curiosité. J’ai bien tripé sur le premier titre, tribal, dansant et bruitiste. Après, c’est un peu tout le temps la même chose, le trip fonctionnant une fois sur deux. Par contre, avoir une (deux) vraie(s) batterie(s), qui font le rythme dansant, Disco en live, faut avouer que ça pète !
 
Retour dehors, face à la scène extérieure, avec un duo espagnol, complètement Electro : SVPER. Bon, deux zigues se faisant face et s’éclatant derrière leurs consoles à bidouiller des sons, pour moi, ça va 5mn. Dans la salle, nous retrouvons Indian Jewelry, groupe atypique américain : deux guitaristes (le leader Tex Kerschen alternant avec le micro), une chanteuse/claviériste (Erika Thrasher, moitié du couple à la base de ce groupe) et une batteuse debout, façon Moe Tucker, martelant en cadence avec les beats délivrés par les machines. Tripant, là encore pour ma part, une fois sur deux ! On navigue entre un Velvet Undreground qui copulerait avec Suicide. Pour un résultat qui alterne bandant et repoussant. A creuser, tout de même.  

 
Dehors, c’est THE KING KHAN & BBQ SHOW qui va foutre le feu ! Derrière leur masques et habillé de tenues improbables, ces canadiens vont réchauffer l’extérieur avec ce Punk/Rock/Rockabily, joué à seulement deux grattes + une grosse caisse, mais diablement efficace. Blacksnake (alias King Khan, à la gratte) et Mark Sultan (gratte et grosse caisse), n’ont plus qu’à nous cueillir, faisant chanter l’auditoire. Et tout le monde aura la pêche et la banane, durant ce set bouillant. Comme quoi, c’est simple le Rock & Roll, quand s’est bien fait.
 
Wand, revient au Chabada pour la deuxième fois, en quelques mois. Enfin, ils ont déjà pondu un autre disque depuis. J’avais pris un méga parpaing, la première fois et je tendais déjà l’autre joue pour en « re-manger » un autre. Et bien, surprise ! Les Wand, n’ont rien perdus de leurs fougue, mais le show aura été bien différent de la première fois. A l’image de leur dernier disque (1000 Days) en somme ! Oui, ce disque ne sort que vendredi 25, mais est déjà sur ma platine depuis une semaine. Wand a toujours autant de puissance, mais l’enchainement des ambiances est plus marqué !  Cory Hanson (guitare) est encore plus le boss et s’est considérablement amélioré, en quelques mois. Son jeu est plus assuré et beaucoup plus précis. C’est lui qui dicte le sens à prendre, au reste du groupe, avec des passages beaucoup plus atmosphériques. On rassure les bourrins, quelques extraits de Golem, ont été distillés pendant ce set. Quoi dire d’autre ? Ah si ! Le batteur est fabuleux et le guitariste rythmique est toujours aussi stone. Défoncé, fixant le public comme si il était ailleurs, mais capable de distiller en même temps des riffs complètement démoniaques. Il faut le voir !
 
Retour, dehors avec un DJ (Blanck Mass) qui officie derrière ses platines… Nous allons visiter le site, une bonne bière à la main… avant d’aller attendre les Melvins !
 
 
Nous avons le temps de bien nous placer pour la suite : moi en fosse et Antho dans les gradins (hé ouais, je sais, un mythe s’écroule !). Le temps de voir Buzz Osborne faire une partie des balances. Ce mec, que l’on connait depuis qu’on est gamin,  est complètement impressionnant et dégage un charisme de dingue. Bon, (the) Melvins, ça déchire sur disque, mais sur scène… c'te claque. 
 
 
Ca commence bien : on entend un mec qui tousse, bloqué façon sample, craché dans tous les baffle ! Ouaip, c’est bien Sweat Leaf du Black Sab, qui écorche amoureusement nos oreilles, pour l’entrée des artistes ! C’est le moment de « manger » sévère ! Visuellement, d’abord : deux batterie en action, ensemble, c’est d’une puissance ! Et Buzz, habillé de sa « robe » façon gourou, ça fait son petit effet. Ensuite, le son dégagé : Buzz délivre des riffs façon Panzer, surlignés (comme s’il en avait besoin !) de la basse ultra-saturée de Jared Warren avec deux bougres qui s’évertuent à défoncer leurs peaux, au milieu (j’ai nommé Coady Willis, autre moitié de Big Business et l’autre légende, Dale Crover !).
 
Deux batteurs qui se complètent sur certains titres, ou totalement synchro sur les autres, c’est selon. Sensation impressionnante, oppressante parfois, mais surtout extrêmement jouissive. Buzz fait le show, scéniquement, musicalement et vocalement, appuyé par les chœurs des trois autres (ça aussi, c’est très fort !). Les Melvins ont fait virer ce festival, du Psyche vers le Metal le plus lourd. Petit plaisir des programmateurs ? Si c’est ça, merci d’avoir eu l’audace de faire venir ce groupe légendaire, dans la cité du Roi René. Et si c’est dans la charte du festival, alors Levitation c’est couillu !!
 

02/02/2015

No Seattle!!! La compil grunge qui déchire...

Oui alors bon heu j'veux dire : si les Inrock en parle, ça la fout mal, j'peux pas ne pas en parler aussi zutchiottemerdep*********demotherfucker. Est ce que No Seattle vaut vraiment le coup, avec sa pochette suggérant doublement (visuellement et dans l'inconscient collectif) une sélection de nerds groupes ayant pris la tasse d'entrée de jeu??? Oui oui oui milles fois oui!!! No Seattle c'est quoi? En fait c'est une compil qui regroupe plus ou moins 25 groupes oubliés de la vague grunge de Seattle, en 28 titres... 25 groupes je dirais plus ou moins ignorés : on y retrouve quand même un titre de Bundle Of Hiss, groupe pré TAD de Tad, ainsi que quelques troisièmes couteaux mal aiguisés dont les noms sonnent vaguement familiers à tout fan de Seattle Sound : Calamity Jane, Kill Sybill ou Chemistry Set, entre autres... Ouais bon d'accord ok je capitule : en fait on n'en a jamais entendu parler de tout ces groupes, ils sortent d'où tous ces groupes??? Vous êtes allé les chercher où tous ces groupes??? Vous deviez avoir une bonne lampe torche pour les trouver ceux là au fond du trou du cul de la musique du North West!!!!


C'est vrai que vu de loin ça fait un peu raclage de fonds de tiroirs avant mise au placard définitif... Mais en vrai les amis, en vrai la vérité je vous la donne : rien à jeter dans cette sélection!!! J'y ai retrouvé pratiquement de bout en bout ce son typique garage de la fin des années 80, ces forts relents de Mudhoney, Tad, Gruntruck, Nirvana des débuts, voire même parfois Screaming Trees, ce coté punk du grunge de Seattle qui en a fait toute sa renommée... En fait je me suis retrouvé avec les mêmes sensations qu'à la première écoute de Sub Pop 200, y'a de ça bien des années... Les mêmes guitares cinglantes, le même son tranchant et crade... Oubliez donc ici toute trace de Mother Love Bones ou autres Alice In Chains, comme le dit la chronique de New Noise, car ici on est en danger : ça sonne vieux clubs des bas fonds, ça sonne pas propre, ça sonne pas sérieux, ça sonne comme une odeur de dessous les aisselles, ça sonne Seattle 1988, même si beaucoup de ces morceaux datent de l'ère post 1991!!!!! Et ça sonne bien de bout en bout : pas d'ennuis dans ces 28 titres et 2 cds... Un petit aperçu avec Vampire Lezbos ci dessous...


PS : Merci au mossieu qui a laissé un commentaire dans le post de dessous, j'ai trouvé ça bien sympa...

08/11/2014

Proto géo-sociologie du grunge...


C'est dans le North West qu'on a inventé le terme "soucoupes volantes". C'est la capitale mondiale des sérial killers... Je veux dire : la famille Mason venait en vacances ici!!! Ce coin est zarbi. Art Chantry (illustrateur affichiste vedette du Seattle Sound, dans Hype!)

L'autre fois, en bon passionné de trucs invraisemblables d'une part, et des côtes, montagnes et forets sauvages du nord ouest pacifique d'autres part, je me suis mis à lire un bouquin finalement très intéressant (oui finalement), sur le sasquatch, ou bigfoot, ce yéti légendaire d'Amérique du Nord, qui vivrait un peu partout mais surtout, surtout dans l'Oregon et le Washington State. Ça s'appelle "Sasquatch et le mystère des hommes sauvages", et c'est écrit par un français tout ce qu'il y a de plus sérieux (Jean Paul, prof à l'université de Nantes, belle moustache franchouillarde)... Bon, alors moi je m'attendais à avoir plein d'infos sur la bête, pleins de témoignages tous aussi flippant les uns que les autres... et en fait j'ai surtout eu un récit personnel sur l'attachement du mossieu en question à cette région des States, aire géographique particulière, toute faite d'une humidité terrible, de forêts et d'arbres géants, de vallées sauvages, de fleuves encore plus sauvages (la Columbia!!!), d'amérindiens oubliés de l'ogre capitaliste etc... Bon, l'un dans l'autre, ça m'allait bien, parce qu'il y a une part de moi, grande, qui est irrésistiblement attiré, depuis tout petit, par le North West Pacific. Au point de lire des tonnes de trucs sur le sujet. J'saurais pas dire pourquoi... Un truc que j'aime bien aussi, c'est que la région est également connue pour nombres de bizarreries ésotériques, comme celle d'avoir été le lieu des premières observations contemporaines d'ovnis (voir le docu référant ICI), avant même Roswell, ou celui d'observations diffuses d'hommes singes gigantesques (nombres de témoins affirmant avoir vu des hominidés haut de plus de 2,50m)... Et n'oublions pas que l'intrigue d'une des premières séries archi chelou de la télévision moderne : Twin Peaks, se déroule ici même!!! Pas de hasard... This place is werd...

Et c'est dans cet environnement particulier que nait dans les années 80 un mouvement musical qui révolutionna le rock : le grunge!!! Rien d'étonnant me direz vous... Quoi qu'on fasse, on est le produit de son environnement. Physiquement et psychologiquement aussi. Les éléments burinent les hommes... C'est une évidence que seule une telle aire géographique pouvait engendrer des groupes aussi barrés que les Melvins ou les U Men, aussi dépressif qu'Alice In Chains, aussi doomesque que Soundgarden (dans l'esprit, bien que dans le son parfois...) ou YOB (dans le son et laissez moi réfléchir...... dans l'esprit aussi), ou dronesque, par la suite, tel Earth, pionnier du genre, ou Sunn O))) et Master Musicians Of Bukkake. Un album tel que que Superunknown est à mon gout une bande son plus qu'idéale pour appréhender une telle région à la météo instable, aux immensités sylvestres hors de propos, et à une nature tellement sauvage que des petits frenchies comme nous se pisseraient dessus au premier craquement de branche. Je m'imagine tellement bien au volant d'un vieux pick-up dégingandé, voguant au son de Fresh Tendrils ou Like Suicide, traversant la Okanogan National Forest, longeant les rives sauvages du Puget Sound, essuyant le climat détrempé des Olympics Mountains. Et je m'imagine tellement mal perdu au milieu de la forêt par une nuit d'hiver, au son de Nothing To Say, poursuivi par un vague grand singe sorti tout droit de la préhistoire et les copains de E.T cherchant à m'ausculter le cerveau avant de me rendre à la civilisation débilisante... Toute la musique généré dans les 90's par les groupes du coin suinte de l'ambiance des lieux, de l'atmosphère d'une région qui ne peut s'aborder sans une pointe d'appréhension et de mystère. Ça pour sûr on n'est pas sur la côte d'Azur!!!

La musique de Seattle est à jamais attaché pour moi, à Soundgarden, Pearl Jam et Mudhoney..... ainsi qu'aux énormes camions transportant des troncs de 10m de long, aux séquoias géants, aux indiens Squamish (vous savez, ceux des totems), à la végétation luxuriante, au froid, aux grizzlis et à la nature la plus sauvage qui soit. Et à la pluie! Un truc qu'est immanquable, depuis le temps, c'est que mes disques de grunge tournent beaucoup plus l'hiver que l'été. Le grunge c'est un état d'esprit!!!! Ça veut pas dire que je navigue dans le spleen en permanence, bien au contraire, j'aime la Vie et elle me le rend bien, mais j'sais pas... Y'a une grande part d'humidité dans ces disques là qui font que perso j'aime bien m'en jeter un par jour de grande pluie...

Voili voilou, c'était la chronique du jour, en attendant de vraies chroniques musicales... Et n'oubliez pas : le Bigfoot existe vraiment : je l'ai vu. A moins que... J'saurais pas dire... C'était p'têt mon voisin Bernard qui pissait derrière la haie une nuit sans lune perché sur les potiches géantes de madame avec trois grammes dans le sang en beuglant comme un ours qu'on égorge... Sasquatch de voisin de merde... Tu pourrais te raser de temps en temps merde alors...