Pour le plaisir, le live en intégral au Hellfest 2012 des sieurs Coady Willis et Jared Warren, nos bons soutiers du Melvins version 2006-12... Un putaing de concert qu'on a adoré bien sûr!!! A noter que ICI, vous trouverez en sus quelques concerts du dernier Hellfest donc, dont ceux de Orange Goblin et YOB...
Seattle est au rock n'roll ce que Bethléem est au christianisme. Spin Magazine (1992)
On a besoin qu'il arrive à nouveau quelque chose comme ça - pour changer la face de la musique. Tout de suite! Mike Inez (Alice In Chains)
14/11/2012
09/11/2012
Walking Papers live Nouveau casino Paris 10 novembre!!!
Bon, Endino nous en a parlé plus bas, faut quand même qu'on aille jeter une oreille à ce Walking Papers qui annonce que du bon. Jugez plutôt : Au chant et guitare, un certain Jeff Angell (Post Stardom Depression, The Missionary Position), un gars qui a déjà pas mal roulé sa bosse au sein de la communauté musicale de Seattle. A la basse, un petit nouveau dans la musique : Duff McKagan qui s'appelle le gars. Rappelons que celui là jouait déjà d'un peu de tout en 1980 à Seattle avant de descendre à la grande ville. A la batterie, un débutant prénommé Barrett Martin (ex-Skin Yard, et surtout ex-Screaming Trees et ex-Mad Season)... Et pis y'a aussi un autre petit gars du coin qu'a donné un coup de main sur l'album en sortant quelques solos de ses petits doigts magiques : Mike McCready (est t'il nécessaire de mentionner qu'il gratte depuis 1990 au sein de Pearl Jam)... Ces Walking Papers là ont marché depuis Seattle pour se retrouver demain à Paris au Nouveau Casino!!!!!! Parisiens, parisiennes, si vous vous faites chier demain samedi, c'est votre jour de chance... Nous on est trop loin pour en profiter!!! En prime une petite cover de Mad Season avec Mc Cready en guest, par les mêmes gars!!!
Au rayon "News qu'on sait pas si c'est des vraies news ou pas", les têtes d'affiches du prochain Download Festival nous donnent une certitude : Alice In Chains, ainsi que les Queens of the Stone Age (accompagné qui sait, de Dave Grohl, qui vient de rejoindre le groupe pour le nouvel album) seront en Europe en juin prochain. La question désormais : passeront t'ils en France? C'est surement probable... Le nouveau Soundgarden sort ce lundi, et comme le disque en entier est accessible en streaming, je me le suis passé un certain nombre de fois. Verdict : du Soundgarden bien frais, encore différent de tout ce qu'ils ont pu sortir auparavant, solide du début à la fin, pas d'ennuis, et une guitare qui ne déçoit pas, bien au contraire. Un Soundgarden nouveau. Bien sûr, on n'aura plus jamais de Louder Than Love, de Badmotorfinger et autres Superunknown, et c'est tant mieux, ceux là sont uniques... Franchement : de la balle!!!
03/11/2012
Interview Jack Endino : "the" producteur mythique du Seattle Sound répond à nos questions!!!
Bon alors, en ce moment on est en train de monter une multinationale du "grunge" avec PYC. Lui c'est le commercial, et croyez moi que c'est pas facile hein : un boulot plein de tact. Quand à moi, je me met à la rédaction en jouant le journaliste à deux balles. Ben ouais parce que préparer ne serait qu'un petit interview de rien du tout, bordel, c'est un putain de taf aussi... Enfin bon, on fait ça pour vous les lecteurs, et on y prend un putain de plaisir aussi... Ouais parce qu'on s'est dit que "Seattle Grunge", le blog, c'était pas mal, mais qu'on pouvait faire encore mieux, en allant à la pèche du coté de Seattle, voir si l'un ou l'autre des acteurs du Seattle Sound serait prêt à mordre à l'hameçon, à taper l'bout d'gras, à tailler la p'tite bavette avec deux vieux fans de la première heure, à discuter sur des détails de l'histoire, à alimenter the "hype machine" comme disait Kurt Danielson, bien qu'elle soit retombée depuis un moment, la "hype"... Donc il se pourrait, au gré de nos investigations, que sorte de temps en temps sur le blog quelques interviews informelles de nos musiciens préférés... On a déjà l'accord de quelques uns, mais chut, on verra ça au fil du temps...
Ceci dit, à tout seigneur tout honneur, le premier d'entre eux, le roi du son de Seattle, l'inventeur de la Sub Pop touch! Celui sans qui Nirvana ne serait rien qu'un tout petit groupe de merdouille. Celui sans qui Soundgarden en serait resté à jouer pour les kermesses de ta petite cousine en couche culotte. Celui sans qui Sub Pop en serait à sortir de la country pour vieux texans. J'ai nommé Jack Endino!!! Je vous la ressort celle là, mais il est de notoriété publique que si Pavitt et Poneman ont été les cerveaux droit et gauche du mouvement, Peterson en était l'oeil et Endino l'oreille... Jack Endino donc, producteur archi mythique, et pour cause, il est l'auteur de crimes impardonnables : celui d'avoir modestement produit les premiers méfaits de Nirvana, Soundgarden, Green River, TAD, Screaming Trees, Afghan Whigs, Mark Lanegan, L7 et j'en passe et des meilleurs... Celui d'avoir humblement enregistré l'album qui définira définitivement le son de Seattle : Superfuzz Bigmuff de Mudhoney!!! Celui d'avoir pudiquement mis en boite du matos d'artistes aussi divers que Fitz Of Depression, Bruce Dickinson, Nebula, Black Halos, Therapy, Hot Hot Heat, Zeke, Atomic Bitchwax, High On Fire, Flipper, Valient Thorr ou the Sonics...
Seattle Grunge : Salut Jack, tu fais quoi là maintenant? Qui tu enregistres en ce moment?
Jack Endino : Je viens juste de produire un album pour une chanteuse qui s'appelle Dilana Robichaux (une fille qui a gagné une sorte de Star Academy ricaine). Pas exactement la réponse que tu attendais hein? Bon ok aujourd'hui spécialement, j'ai bossé sur le mix de quelques morceaux des Resident Kings, un des side projects du bassiste de Fitz Of Depression. Et très récemment j'ai mixé l'album d'un nouveau groupe ici : Walking Papers (nouveau projet de Barrett Martin ex Screaming Trees et de Duff McKagan ex qui vous savez, avec la participation de Mike McCready : voir playlist Dezeer à droite). Plus tôt dans l'année j'ai produit un chanteur brésilien : Nando Reis, qui était dans un des groupes phares au Brésil : Titas, avec qui j'ai beaucoup bossé dans les années 90.
SG : Un taf plutôt éclectique en somme. Il est vrai qu'avec un CV comme le tien, tu es définitivement devenu un producteur incontournable de la scène alternative américaine. Après 25 ans de taf, les demandes sont t'elles toujours aussi fortes? Ça vient de partout? C'est quoi tes critères de choix pour bosser ou pas avec tel ou tel groupe?
JE : Clairement : j'ai jamais arrêté de bosser depuis que je suis producteur. J'ai des clients dans le monde entier. Récemment j'ai mixé pour des groupes italiens, brésiliens, polonais. Comment je choisis? Si c'est un groupe qui me demande la totale, c'est à dire produire/enregistrer/mixer, tout ce qui compte c'est si j'aime leur musique ou pas. Mais si c'est juste pour mixer, quand un groupe me donne quelque chose qu'il a déjà enregistré, là je dois faire plus attention sur un point purement TECHNIQUE, pour être sûr que je n'hérite pas d'un gros problème antérieur à mon intervention. Mixer peut être facile comme difficile... Et ça dépend surtout de comment ça a été enregistré.
SG : En parlant de technique : entre tes débuts dans les années 80 et aujourd'hui, as tu cherché à faire évoluer ton matériel, où as tu simplement préféré continuer avec ce qui te satisfaisait déjà? Est ce qu'il y a une "touche Endino", une marque de fabrique?
JE : Techniquement, ça a toujours évolué. J'utilise plus du tout aujourd'hui les mêmes techniques d'enregistrement ni le même équipement que celui que j'avais au tout début. Excepté pour certains amplis de guitare. En fait j'ai complètement embrassé le "digital" il y a déjà des années de ça. C'est le genre de truc qui surprend tout le monde, mais ça ne m'a pas gêné du tout : avec toute nouvelle technologie, tu as juste à apprendre comment l'utiliser correctement. Ce qui n'a pas changé, par contre, c'est ma PHILOSOPHIE. Mes gouts musicaux sont les mêmes. Je dirais même que ce qui est devenu PLUS FORT au fil du temps, c'est le fondement philosophique de pourquoi je fais ce que je fais. Je crois très fortement que ce qu'on essaie de faire dans un studio c'est de capter la MAGIE du moment, et que toute production technique qui vient entraver ça n'a pas sa place dans le processus. C'est la raison pour laquelle j'accorde plus d'importance à la relation avec les artistes qu'avec la technique pure de production ou d'enregistrement : parce que cette dernière n'a rien à voir avec la musique, c'est juste fait pour rendre le taf du producteur plus facile...SG : Ça se rapproche pas mal de la philosophie de ce qu'on appelle ici en France un petit artisan : quelqu'un qui a un réel savoir faire, mais qui travaille avec qui il veut, qui fait ce qu'il veut sans chercher à avoir toujours plus? Quelqu'un qui travaille avec passion.
JE : OUI, C'EST EXACTEMENT CA. C'est pour ça que j'adore toujours ça même après 25 ans!
SG : Tu as joué de la guitare pour un long moment dans Skin Yard, un des groupes pionniers du Seattle Sound. Qu'est qui t'as poussé à donner la priorité à la production? En d'autres termes, pourquoi n'avoir pas cherché à jouer dans d'autres groupes après le split de Skin Yard?
JE : Skin Yard avait sorti 5 albums en 7 ans, et à la fin, je sentais qu'il fallait que j'essaie autre chose... Et puis le "grunge" a explosé et mon téléphone a commencé à sonner encore et encore. C'était on ne peut plus évident que l'Univers voulait faire de moi un producteur plutôt qu'un guitariste. L'Univers a des tonnes de guitaristes! Mais tu sais j'ai jamais pu arrêter complètement de jouer. J'ai sorti 3 albums solos entre 1990 et 2005. Le dernier était "Permanent Fatal Error" (2005) et c'est probablement le meilleur taf que j'ai jamais sorti sous mon propre nom. Barrett Martin a assuré la batterie sur la plupart d'entre eux. Il était dans Skin Yard, et aussi chez les Screaming Trees et Mad Season, et maintenant Walking Papers. Plus récemment, j'ai joué avec Kandi Coded, entre 2007 et 2011 : deux albums pour Volcom Entertainment. J'ai eu vraiment beaucoup de bons moments avec ce groupe. On a même joué en France! Une date! Dans un petit club à Cauterets, il y a deux ans. Notre chanteur, Jamie Lynn est une légende dans le monde du snowboard, donc on jouait pas mal de "stations de ski" ce genre de trucs. Ce qui était plutôt nouveau pour moi. Mais Kandi Coded est un peu en retrait en ce moment. Sinon j'ai joué de la batterie pendant trois ans (2008-10) pour un groupe appelé Slippage, et aussi de la basse pendant 6 mois avec Wellwater Conspiracy (side project de Matt Cameron, Ben Shepherd et John Mac Bain ex Monster Magnet) au tout début des années 2000... Et 2 ans à la basse avec Upwell, vers 2002... Tu vois, j'ai jamais arrêté de jouer!!!
SG : Une chose que j'aimerais savoir, c'est comment un gars comme toi en est arrivé dans les années 80 à jouer dans un groupe rock et à participer à l’émergence de cette petite communauté rock à Seattle?
JE : Je me suis toujours considéré d'abord comme un musicien, et même encore aujourd'hui. En 1985 j'étais dans trois groupes en même temps. Batteur chez Crypt Kicker Five, bassiste chez The Ones, avec Terry Lee Hale (voir Sub Pop 200) (qui habite en France maintenant), et guitariste chez Skin Yard. Et à l'été 1986, j'ai commencé à bosser dans mon propre studio : Reciprocal... Mais même là, j'ai continué à jouer avec ces trois groupes pour un temps. Je sais pas comment c'était possible, mais je l'ai fait. La musique c'était ma vie.SG : J'ai vu que tu avais travaillé avec un des groupes phares de la scène punk française : les Burning Heads, pour deux albums. Quel souvenir en as tu?
JE : Surtout celui d'avoir la chance d'enregistrer un disque à Paris, j'ai adoré! Et les Burning Heads, c'était des bons gars bien sympas.
SG : Quels sont tes projets à venir?
JE : Je viens juste de finir un nouvel album solo, avec l'aide de Barrett Martin encore, et aussi de Johnny, le batteur de Kandi Coded. Ca s'appelle "Set Myself On Fire", et ça sortira au printemps prochain chez un label de Seattle : FIN Records. Je suis assez content du résultat... Le premier single en sera une version plutôt brutale du "Rumble" de Link Wray, la seule reprise que j'ai jamais enregistré pour un de mes albums solos. Je joue actuellement de la basse dans un groupe qui s'appelle Rocket Surgery. On a joué hier... On a deux femmes dans le groupe, qui chantent des harmonies et qui jouent toutes les deux de la guitare bien heavy. Et le batteur est Norman Scott, un autre ex batteur de Skin Yard! Un de mes bons amis, Al Milman, dit qu'on sonne comme "les Pixies meet Blue Cheer", et crois moi, c'est pas une mauvaise chose du tout. Sinon on a bossé pas mal ces derniers temps avec Terry (Lee Hale) sur des vieux enregistrements de The Ones qui datent des années 1984-86, et je pense qu'il a l'intention de de les sortir prochainement. Le style de The Ones n'est pas vraiment facile à décrire : un genre de bluegrass-speedpunk!!! Je vis et bosse aussi désormais dans un studio d'enregistrement appelé Soundhouse (soundhouserecording.net)
Énorme!! Merci à toi Jack pour ce temps passé avec nous, on a adoré!!!!
En dessous quelques vidéos intéressantes, entre autres un extrait du live de Kandi Coded à Cauterets en 2009, et la première partie d'un docu sur High On Fire, le groupe de l'ex-nouveau guitariste de Sleep : Matt Pike, lequel docu donne la part belle à Jack... Ça se passe au studio Avast, un des meilleurs de Seattle, tenu par un ami d'enfance de Kim Thayil et ex roadie de Soundgarden : Stuart Hallerman. Dernière chose : PYC vient de créer un groupe sur Facebook spécialement dédié aux fans francophiles de cette musique qu'on a tous adoré et dont on parle sur ces pages en permanence : là... Y'a du beau monde d'invité!!!! Ça promet...
En dessous quelques vidéos intéressantes, entre autres un extrait du live de Kandi Coded à Cauterets en 2009, et la première partie d'un docu sur High On Fire, le groupe de l'ex-nouveau guitariste de Sleep : Matt Pike, lequel docu donne la part belle à Jack... Ça se passe au studio Avast, un des meilleurs de Seattle, tenu par un ami d'enfance de Kim Thayil et ex roadie de Soundgarden : Stuart Hallerman. Dernière chose : PYC vient de créer un groupe sur Facebook spécialement dédié aux fans francophiles de cette musique qu'on a tous adoré et dont on parle sur ces pages en permanence : là... Y'a du beau monde d'invité!!!! Ça promet...
28/10/2012
The U-Men, total chaos!!!!
Charles Peterson (photographe officieux de la scène de Seattle) : Les U Men ont été définitivement les parrains de la scène de Seattle.
Dave Dederer (guitariste des Presidents of the United States of America)
: Le seul groupe qui me bottait à l'époque, c'était les U Men. Ils
étaient pour moi le meilleur groupe de rock n'roll de tous les temps.
Charlie Ryan (batteur des U Men) : L'idée de monter le groupe était de Tom. On avait volé le nom à un bootleg de Père Ubu qui s'appelait "The U Men". On bossait pas - on écoutait juste de la musique en buvant des bières. Tom a dit : "Je pense qu'on devrait monter un groupe, Charlie". Et j'ai dit "Ok".
-Tu seras le batteur.
- Mais on sait pas comment jouer.
- C'est ok, on va apprendre.
- Mais on n'a pas de matos.
- Te fait pas de bile pour ça...
Bon, parler du Grunge sans parler des U Men, c'est comme parler des romains sans parler de César... Après deux ans d'existence de ce blog, va falloir remédier à ça... Les U Men, c'est l'avant garde de la déferlante grunge : un son pré Sub Pop, une attitude archie punk, un j'm'enfoutisme incroyable, et du talent plein les poches... Les premiers, réellement, à mélanger toutes ces influences contradictoires qui feront la véritable spécificité du son de Seattle. Les premiers à obtenir une sorte de reconnaissance régionale, voire nationale (toute proportion gardée, le hardcore à l'époque étant complètement underground), les premiers à enregistrer des morceaux dignes de ce nom. Les parrains du grunge quoi merde bordel de dieu!!!! 1981 voit donc la première rencontre entre trois jeunes branleurs (euses), anciens copains de collège à peine majeurs et plutôt intimidés (Tom Price, guitariste, Charlie Ryan, batteur et Robbie Buchan, jolie bassiste), et John Bigley, un taré de première dont l'attitude anti conformiste impressionne bon nombre dans le milieu hardcore...
Tom Price (guitariste des U Men) : On le voyait de temps en temps en soirée, c'était un personnage incroyable... Une des premières fois que je l'ai vu, c'était un soir à une fiesta, il a traversé une fenêtre, est tombé deux mètres plus bas dans un tas de verres brisés, et est revenu avec un de ces airs inquisiteurs, genre : qui m'a poussé?. Il était juste bourré et avait dû louper une marche ce genre de truc. Charlie et moi on s'est dit qu'on devait avoir ce gars comme chanteur. On n'avait aucune idée de si il savait chanter ou pas, mais à l'époque c'était sans importance.
Charlie Ryan : On était intrigué, mais on avait plutôt peur de lui. Il avait un petit quelque chose de Jim Morrison. Quelque chose de taré dans le regard, comme s'il avait peur de rien. A le croiser, tu pouvais pas savoir si il allait t'embrasser, te tuer ou te baiser. On l'avait vu se jeter une ou deux fois dans des bastons, ça nous impressionnait. On le voulait comme chanteur, mais on était trop flippés pour aller lui demander. Donc on a proposé à Robbie, la fille, de le faire. Elle a rit et nous a traité de lavettes, et à la première occasion qu'elle a eu, elle est allé parlé à John.
John Bigley : C'était à un show de Johnny Thunder, Robbie est venue me voir pour me demander d'être leur chanteur. Apparemment, ils pensaient que j'étais taré - ils étaient intimidés. Je lui ai dit que j'étais pas sûr, que je savais pas chanter, puis au bout d'un moment j'ai dit ok!
Robin Buchan : Quand on l'a rencontré, il était tellement outrageux. Il était capable de tout, il prenait n'importe quelle drogue. C'était un sauvage.
Daniel House (Skin Yard, 10 Minute Warning, C/Z Record proprio) : Il était allé cherché son permis de conduire avec du maquillage autour des yeux et sur les lèvres. Ils ont pris sa photo comme ça. Pendant des années il a eu un permis de conduire avec une photo ou il ressemblait à un espèce de clown débile.
Charlie Ryan : Notre première répet'? On était tellement excités et nerveux. Il avait amené une bouteille de vin. "Quelqu'un veut un verre de vin?". "Ouais, j'adore le vin". On buvait rien que de la bière à l'époque, et lui il arrive avec du vin. Et il s'est mit à chanter comme tu t'y prendrais pour décolorer toute une lessive. Sa voix était féroce. C'était pas poli du tout. Ça sonnait comme un animal qui gueule. Il était juste à hurler, et nous on était ravi : C'est ça bordel, c'est ça!!!
C'est le début de l'aventure pour les U Men, à écumer les bas fonds de la ville, entre garages de banlieues et sous sol d'immeubles. On est au début des 80's, et comme il a déjà été dit, à l'époque aucun lieu n'était spécialement prévu pour accueillir de tels groupes. Les U Men se font rapidement remarquer par leurs prestations scéniques hors de tout contrôle. Surtout, son chanteur, inquiétant, ténébreux, imprévisible, devient une des attractions du milieu... A ses débuts, Bigley joue plus une performance d'artiste qu'un véritable tour de chant. Du style à rester planté là tout en toisant l'audience d'un sale oeil... Le groupe se taille rapidement une réputation : dangereux, menaçant, injurieux, les concerts se terminent souvent dans le chaos le plus total, et par voie de conséquence, avec la police au cul... D'autant qu'ils sont suivis de près par les Bopo Boys, un gang de Seattle qui les adorent, eux et les Fastbacks, mais qui ont la sale manie de sortir les poings un peu facilement...
Robin Buchan : Le seul truc que je me souvienne à propos de nos concerts, c'est le fait d'être encore et encore viré par la police. On détient le record à Seattle, d'avoir eu 13 concerts de suite interrompus par la police. J'étais super bonne à déguerpir quand les flics arrivaient.
Larry Reid (manager des U Men) : Les U Men étaient un peu plus jeunes que moi. J'étais allé à quelques uns de leurs concerts. J'étais fasciné. C'était un mix étrange de punk hardcore, de Northwest garage, de rockabilly et de psychédélisme - même s'ils ne savaient pas jouer de leurs instruments (rires). Vous alliez à un de leurs concerts, et c'était complètement imprévisible, vous ne saviez jamais ce qui allait arriver. Les flics finissaient toujours par débarquer. Il y avait quelque chose dans l'énergie et l'atmosphère d'un show des U Men qui faisait que ça se terminait systématiquement dans un bordel complet. Un jour John Bigley m'a appelé : "On a besoin d'aide". Donc je les ai pris sous mon aile. Je faisais en sorte de les manager - mais ils étaient immanageables à l'époque.
1982 voit donc arriver deux changements majeurs pour la destinée du groupe : ils trouvent en la personne de Larry Reid, un ancien du circuit, propriétaire successivement de quelques bons pubs qui donneront la part belle aux groupes de rock naissant, tel le Graven Image ou le Rosco Louis, celui qui tachera de leur donner une certaine direction. Et changent de bassiste. Robbie quitte le groupe et accessoirement Tom, son boy friend, désireuse qu'elle est de repartir à zéro dans une vie qui ne lui avait déjà pas fait de cadeau. Elle est remplacé par Jim Tillman, un gars qui touche sa bille à la basse, et qui participe déjà activement à la scène locale naissante.
Tom Price : Larry avait peut être 25 ans, alors que nous on en avait 18, ça faisait une grande différence. Ce qui était incroyable avec lui c'est qu'il se foutait de faire du fric ou pas. Il entassait des tas de gens dans des tous petits espaces, mais sans jamais se soucier de si il allait gagner quelque chose ou pas. Quand à Jim Tillman, ça a tout changé. C'était un extraordinaire bassiste - un super bon musicien. Il avait un peu de fric, du matos, et il savait comment régler un ampli. Avec lui on est devenu des musiciens compétents...
Larry Reid : Je suis devenu leur manager officiel, et à un certain point j'ai commencé à prendre 10% de rien du tout. On tachait de mettre de coté tout ce qu'on gagnait pour enregistrer. Les U Men ont sorti un premier EP en 1984 sur Bombshelter, qui était en fait la version primaire de Sub Pop. C'était Bruce Pavitt en fait...
Dave Dederer : Leur premier EP est un des plus grands disques de tous les temps. Le premier morceau était "Shoot 'Em Down", qui commençait avec ce cri que John Bigley faisait : "WOW WOW WOW". La première fois que je les ai vu, au Grey Door, ils ont ouvert avec ce morceau. Je me souviens m'être senti comme si je décollais du sol et que j'allais m'éclater contre le mur d'en face. Trop puissant. Un des plus grands moments que j'ai jamais vécu en concert.
Larry Reid : Faire tourner les U Men était un challenge, leur réputation les suivait partout. Une fois j'ai dû contrefaire une autorisation d'occuper un bâtiment pour satisfaire les pompiers. Une autre fois, on avait programmé un show dans un abattoir nommé le Meatlockers, et on avait installé le bar dans un monte charge, donc quand les flics sont arrivés, on a juste surélevé le monte charge, en fermant bien les portes. Ni vu ni connu. Quel bar? Y'a pas de bar ici! (...) Manager les U Men m'a valu quelques bastons. Un soir un punk du coin m'a éclaté une bouteille sur le crane... (...) Ils étaient plutôt pas mal physiquement parlant, et grâce à ça il y avait beaucoup de filles aux concerts. Et comme les filles venaient, les gars venaient aussi. Plus tard, j'ai expérimenté le même phénomène avec Nirvana.
John Bigley : Un jour on avait loué le Laurelhurst Community Center - Laurelhurst était une banlieue de Seattle, près de l'Université. On dépose notre matos, et le mot court alors très vite que les "tarés se sont emparés du Community Center". Un groupe de vigilance, des jeunes du quartier débarquent et commencent à casser les vitres de bagnoles et à taper sur tout ce qui bouge. Y'avait plein de monde qui courrait partout en saignant, en criant ou en chialant. La police est arrivé, évidemment. Just chaos!!!
Mais le plus beau fait d'arme "live" des U Men reste ce show qu'ils donnèrent en 1985 au Seattle Center. La scène sur laquelle ils devaient jouer, celle du Mural Amphitheater, était entouré d'une sorte d'enceinte remplie d'eau, comme une douve. Larry Reid et le groupe décident donc de mettre littéralement le feu au concert... Bigley avait amené une bouteille de vodka sur scène, prétendument pour en boire. Mais dans les derniers instants du concert, il verse son contenu dans l'eau, met le feu à un balai qui trainait là, et le jette dans l'eau. L'enceinte de flotte s'embrase. La foule part en délire total. Les flics débarquent. Ce concert achèvera de faire des U Men le groupe à abattre pour les habitants de Seattle, le groupe adulé qu'il est resté pour tous les hardcore kids du coin...
Charles Peterson : Le truc donc je me souviens le plus, c'est qu'on est tous devenus dingues, et qu'on a commencé à slammer les uns sur les autres. Et les gars de la sécurité ont cru qu'on allait se foutre sur la gueule et ont tenté de nous séparer. "Hey mec, on fait que danser". Je me souviens un gars avait piqué le chapeau d'un des gardiens et dansait autour. C'était le bordel complet.
Tracey Rowland (la femme de Larry Reid) : Norman Langill, le gars qui organisait le festival, hurlait, criait tout ce qu'il pouvait et sautait partout. De rage. Il était furieux.
John Bigley : C'était le chaos. Les gens criaient, couraient, les kids n'en croyaient pas leurs yeux. Larry m'a sauté dessus en criant : "Prend le matos, on se taille". On a sauté dans le camion avant que la police nous tombe dessus.
Kerry Harrop (une employée de la future Sub Pop) : J'étais subjuguée par l'audace de ces gars. Je suis sûr que si il y avait eu une photo panoramique du public de ce concert, on aurait trouvé chacun des kids qui ont fait le Seattle Sound par la suite. Je pense que si tu étais dans un groupe à l'époque et que tu voyais ça, ça ne pouvait que renforcer tes convictions.
Mark Arm : Je sais pas si c'est le meilleur concert des U Men que j'ai vu, mais c'est sans conteste le truc le plus dingue et le plus cool que j'ai vu à un concert des U Men...
Les U Men ont été un des tout premiers groupes underground de Seattle à partir en tournée nationale. Mieux, ils signent un deal chez Homestead Records, un des labels indé en vogue à l'époque :
Jim Tillman : J'avais un peu de fric, j'ai acheté un bus scolaire, et on est parti sur les routes du pays à 70 km/heures. On est passé de Los Angeles au Texas, puis à Minneapolis. On a joué des concerts dingues avec des groupes dingues - Buttholes Surfers, Scratch Acid...
Mark Arm : Les U Men sont allés au Texas et sont restés à Austin pour pas loin d'un mois, à crever la dalle. Tom Price nous a expliqué qu'il mangeait des patates crues parce qu'il avait pas un rond.
Jim Tillman : J'ai retrouvé récemment un des mes carnets de notes, ou je tachais de faire un semblant de comptabilité. C'était vraiment hilarant. A un moment ça dit : Payé : 60$, bières : 20$, net : 40$. Alternateur : 60$. Net : moins 20$. J'étais vraiment maigre - j'avais un bidon de 5L de beurre de cacahuètes que j'avais amené de la maison, et je survivais avec ça. Et j'avais découvert que si tu avais vraiment la dalle, le fait de boire deux trois bières hyper rapidement et de sauter partout juste après te donnait l'impression d'avoir l'estomac remplit...
Tom Price : Dire qu'on partait en tournée était inapproprié. Je pense que notre première tournée on est parti genre 3 mois et on a fait seulement 5 ou 6 concerts. C'était plus un truc du genre on migre à LA pour un mois, ensuite on migre au Texas pour un autre mois. Finalement, au fil des ans, ça ressemblait plus à une vraie tournée...
Larry Reid : Quand les U Men sont allés sur Homestead, ça a vraiment ouvert des portes pour beaucoup de monde, et amené une vague de créativité dans le Northwest. Le son des U Men n'avait pas de grandes similitudes avec le grunge, mais leur attitude oui. Beaucoup des groupes qui ont été connus par la suite ont fait les premières parties des U Men. Et des lieux ont ouverts pour programmer ce genre de groupes car les U Men avaient prouvé qu'ils pouvaient faire de l'argent. Pas mal de jeunes musiciens ont commencé à considérer le punk rock comme une vocation viable. Ils étaient à tous les concerts : Stoney Gossard, Steve Turner, Mark Arm...
Dave Dederer : Ils ont amené tellement de choses - même s'ils ne sonnaient pas exactement comme ce qu'est devenu le grunge. Ils formaient une équipe fantastique. Ils avaient une section rythmique qui balançait grave. La "guitare grunge" que Tom Price utilisait en 1983 ou 84, qui était le genre de guitare que personne n'utilisait à l'époque, et qui était considéré comme une guitare de merde, des gars comme Steve Turner ou Kurt Cobain l'ont adopté par la suite.
Les U Men se séparent en 1989, après avoir sorti Step On A Bug, leur unique album, ainsi qu'une flopée de singles et quelques participations à des compilations depuis devenues cultes (Deep Six ou Sub Pop 100). Usés par ces quelques années de délires total. Leur dernier concert voit Tom Hazelmayer, un ancien de la scène punk de Minneapolis qui cherche à monter un nouveau label, Amphetamine Reptiles Records, prendre la basse. Un 45 tours posthume du groupe sortira d'ailleurs chez Amph Rept... John Bigley et Charlie Ryan partiront monter le très garage punk Crows, alors même que ce dernier et Tom Price jouent déjà dans un nouveau groupe, Cat Butt. Tom Price créera par la suite un des outsiders garage du Seattle Sound : Gas Huffer... Les U Men resteront à jamais le groupe qui a rendu possible la déferlante grunge...
John Bigley : Pas de profonds ni de sombres secrets - juste la période Reagan, cucul, l'angoisse de l'adolescence, les problèmes existentiels. Le groupe? : pas de quoi en faire un foin. C'était absolument pas un expérience rock n' roll comme on peut en entendre. J'étais pas très à mon aise sur scène devant tout ce monde, donc soit je me bougeais soit j'allais faire des conneries. C'était très intense. Chaque concert, c'était vraiment moi.
Ci dessous une des rares vidéos des U Men trainant sur le net... Et juste pour l'ambiance, car la qualité est pourrie, un live de 1986... Quelques autres morceaux dans la playlist Grooveshark à droite...
23/10/2012
Seattle Grunge's Anecdotes : Kim Thayil ou les secrets du son de Seattle...
Garrett Shavlik (batteur des Fluid): A propos de TAD : Tad
essayait d'être tellement heavy. Il était tellement drôle sur scène que
c'en était à se taper le cul par terre. Le groupe jouait très bas et
très dur, Drop D. Son truc à lui c'était : « J'ai juste envie de jouer
cette note, pour que les gens se chient dessus!!! »
Kim Thayil (guitariste de Soundgarden) : Mark Arm, moi même et Buzz Osbourne étions un jour chez Mark dans le U District, à écouter des disques et discuter, c'était vers 1986. Buzz soutenait que dans nombre de morceaux de Black Sabbath, Tony Iommi utilisait ce qu'il appelait l'accordage en Drop D, quand la corde en E grave était réglée un peu plus bas que la normale. Ce qui rendait le son un peu plus lourd, un peu plus heavy. Après ça, j'ai écrit pas mal de morceaux sur ce modèle, Drop D, comme "Nothing To Say" par exemple. Et ça m'a aussi incité à chercher d'autres drop tuning dans le même genre. Les gens ont commencé à nous (Soundgarden) comparer à Led Zeppelin ou Black Sabbath, mais on n'écoutait pas ces groupes là - on était dans Bauhaus et Killing Joke à l'époque.
A propos d'Alice In Chains : Quand ils étaient encore Alice N'Chains, leur première démo sonnait beaucoup plus proche de Poison que de l'énorme monstre sonore qu'ils sont devenus. Ça a vraiment changé quand ils nous ont écouté (rires). Jerry Cantrell et moi devions être un soir à un concert de DOA, c'était au Hall Of Fame quelque part dans le U District. Jerry m'a demandé comment jouer des morceaux comme "Nothing To Say" ou "Beyond The Wheel" et si j'avais une sorte de secret pour ça. Yes mec, il y a un truc qu'on appelle Drop D tuning... Pas longtemps après, ils ont enregistré une démo qui contenait énormément des morceaux qui composent Facelift... Et qui utilisaient ce fameux accordage en Drop D ...
En vrai, ça donne ça : Searching With My Goog Eye Closed, un des morceaux les plus heavy de Soundgarden, et la vidéo Live Facelift en entier pour Alice In Chains...
En vrai, ça donne ça : Searching With My Goog Eye Closed, un des morceaux les plus heavy de Soundgarden, et la vidéo Live Facelift en entier pour Alice In Chains...
06/10/2012
Ou l'on reparle de PJ20 : Alpine Valley
Bon, il m'a semblé important de revenir un peu sur l'évènement mondial de l'année 2011 que furent ces deux jours de concerts donnés par Pearl Jam en septembre à Alpine Valley dans le Wisconsin. On en revient toujours au même avec Pearl Jam, et c'est limite casse couille : ils pensent toujours à faire plaisir aux fans... J'sais pas moi, ils pourraient quand même un peu cracher dessus, leur balancer des bouteilles à la gueule, les traiter de connards en interviews... Enfin merde PJ, faites comme les autres bordel!!! Bon, tout ça pour dire que les quelques milliers de privilégiés qui profitèrent du WE eurent droit à un vrai festival d'été avec une vraie prog, vous vous en doutez, qui fut exclusivement constituée de la famille PJ (Jon Doe de X, Mudhoney, QOTSA, Joseph Arthur, The Strokes, l'irlandais Glen Hansard, et le multi instrumentiste Liam Finn, le tout s'invitant mutuellement sur scène pour des boeufs à n'en plus finir). Cerise sur le gâteau, pour finir les deux soirées : deux concerts coup sur coup de PJ, et des guests en pagailles, dont l'ami de toujours Chris Cornell, pour quelques reprises flamboyantes de Mother Love Bone ou Temple Of The Dog!!! Quelques vidéos pour se mettre dans l'ambiance : Joseph Arthur et les PJ guys pour un prélude à RNDM, QOTSA et Josh Homme au maximum du cool avec Vedder en guest, et le final du deuxième concert de PJ : Rockin' In A Free World de qui vous savez!!!!
30/09/2012
Seattle Grunge's Anecdotes : Dave Grohl débarque chez Nirvana...
Courant 1990, c'est connu, Kurt Cobain et Krist Novoselic cherchent un remplacant à Chad Channing, batteur originel du groupe, mais jugé trop "smooth" par les deux autres... Le futur batteur sera un cogneur ou ne sera pas... Dave Grohl, originaire de Washington DC, et officiant à l'époque au sein du groupe Scream, un des outsiders punks de la cote est américaine, décroche le job... Dave est, comme de par hasard, un fan des Melvins, et accessoirement, un de leurs bons amis.
Buzz Osbourne (chanteur guitariste des Melvins) : J'étais ami avec Dave quand il était dans Scream. Dave a un putain de sens de l'humour. Un humour noir grave sévère. Un jour, du temps que j'étais à San Francisco, Dave m'appelle, il était en ville et donnait un concert le soir même. Les gars de Nirvana étaient là, donc on est allé ensemble voir Scream jouer. Ça a été dit que j'ai emmené Nirvana à ce concert pour qu'ils voient Dave à l’œuvre, mais c'est faux. J'avais juste envie d'y aller.
Craig Montgomery (roadie de Nirvana) : Dale (Crover, batteur des Melvins) avait joué avec nous pour une tournée, celle avec Sonic Youth. Les Melvins nous avaient laissé créché dans leur baraque à San Francisco pour quelques jours, avant que la tournée ne commence. C'est dans ces jours là qu'on a vu Scream en concert. Kurt a vu Dave jouer, et il a dit : "C'est le genre de batteur dont on a besoin".
Buzz Osbourne : Quelques semaines plus tard, j'ai un appel de Dave, il était échoué à LA. Ils avaient eu un problème avec leur bassiste, et ça sentait la fin pour Scream. Je lui ai dit : "Nirvana cherche un nouveau batteur". Et je ne savais pas à ce moment qu'ils avaient déjà viré Dan Peters (voir ICI). Dave a dit : "Vraiment?". Parce qu'il aurait sauté sur n'importe quelle offre. Donc j'ai appelé les gars de Nirvana : "Vous vous rappelez le batteur de Scream? Il cherche quelque chose à faire. Appelez le".Dave Grohl : Le premier coup de fil que j'ai eu avec Kurt était vraiment très drôle, parce qu'avec Scream, on avait joué à Olympia, ou il habitait à l'époque, quelque chose comme un mois avant...
Slim Moon (1er guitariste de Earth, fondateur du Kill Rock Stars label) : Après leur show à Olympia, quelqu'un leur a dit qu'il y avait une fiesta dans le coin. C'était chez moi. Ils sont arrivés juste au moment ou Tobi Vail, qui était avec Kurt à ce moment là, s'est mise à jouer un solo de guitare.
Dave Grohl : Cette fille s'est assise et elle a joué cette putain de chanson, la plus dépressive qui soit. Et il y avait tous ces gens qui ressemblaient aux nanas de Scoobidoo, avec leurs lunettes, c'était un genre de soirée chocolat chaud à chier, tout le monde était triste, toute cette merde quoi. Et nous on arrive avec nos bières. C'est quoi ce bordel? Cette soirée est foireuse, mec. C'était horrible.
Donc le premier coup de fil que j'ai avec Kurt... J'étais là : "Mec, après on a débarqué dans cette soirée moisie, c'était pourri mec, nous on avait toutes nos bières et notre shit. Et pis cette putain de gonzesse a commencé à jouer cette putain de chanson de merde". Et lui il me dit : "Ouais, c'est ma petite amie"... Oups, la boulette...
23/09/2012
Interview Greg Gilmore (batteur de Ten Minute Warning + Mother Love Bone)
Bon les amis, gros coup de PYC, qui se demmerde je ne sais comment pour rentrer en contact avec ses idoles de jeunesse, je veux rien savoir, s'il paie de sa personne ou pas, s'il passe sous la table, c'est pas mon affaire hein!!!! Toujours est t'il qu'il m'a permit de faire passer quelques questions à Greg Gilmore, éminent personnage de la scène de Seattle, depuis ses débuts à l'aube des 80's... Greg Gilmore, cogneur chez Ten Minute Warning, un des groupes précurseurs du grunge, puis batteur de Mother Love Bone, avant de fricoter pour moults projets au sein de la communauté musicale de Seattle, notamment aux cotés de Jack Endino ou Steve Fisk!!!!
Seattle Grunge : Greg, comment en es tu venu à participer à la scène musicale locale à Seattle en 1980?
Greg Gilmore : Mon intérêt pour la musique a commencé très jeune. mes parents étaient fans de rock 60's, il y avait donc toujours de la musique à la maison. J'ai commencé la batterie à 11 ans. A 13 ou 14 ans, je me suis mis à acheter des disques en pagaille. Pour moi il y avait quelque chose de mystérieux et de magique dans les disques. Pendant des années, j'ai passé la plupart de mon temps libre dans les magasins de disques, j'écoutais, j'achetais, j'échangeais. J'avais grandi à la campagne et j'ai bougé à Seattle à 18 ans. Un an plus tard j'ai répondu à une annonce dans un papier local pour un groupe qui cherchait un batteur. Ils s'appellaient The Living, et un de leur membre était Duff Mc Kagan. Le fait de les rejoindre m'a permit d'entrer de plein pied dans la scène de Seattle. C'était le début de tout pour moi. The Living a fini par sortir un disque au début des 80's, qui va être ressorti sous peu par un petit label de Portland, Discourage Records...
SG : Tu partages ensuite ta route avec celle de Duff, en créant Ten Minute Warning, qui fut signé chez Alternatives Tentacles et qui connu une petite notoriété à l'époque. Penses tu que ce groupe aurait pu aller un peu plus loin?
GG : Ten Minute Warning n'a pas été signé chez Alternatives Tentacles ni chez aucun autre label d'ailleurs (Oups, pas d'excuses). Pour moi le groupe n'a pas su exploiter son réel potentiel, ceci dû essentiellement au fait que certains de ses membres étaient dans la drogue. Et les autres n'ont pas comprit qu'on avait besoin de quelqu'un parmi nous pour prendre le contrôle et faire que les choses arrivent. A l'époque à Seattle les gens n'étaient pas ouvert à l'idée de percer, c'était un business pour personne, et plus généralement aucun d'entre nous ne voyait l'intéret de faire connaitre plus amplement sa musique. Ça restait essentiellement local. Les U-Men et Sub Pop 5 (une des premières compils cassette de Sub Pop, enfin, disons de Bruce Pavitt, le Sub Pop sous sa forme maison de disque n'existant pas à l'époque) ont aidé à changer ça. Et puis les majors labels sont arrivés... SG : Tu pars ensuite de Seattle pour LA au milieu des années 80. Pourquoi en être revenu si vite? Etait ce difficile pour toi de faire ton trou à Los Angeles?
GG : Je suis parti à LA parce que Duff me l'avait demandé. On avait été ensemble dans deux groupes, il voulait partir à LA et m'en a causé deux mots. On y est allé pour les mêmes raisons que tout le monde à l'époque. Si tu vis sur la côte Ouest, LA est l'endroit qui bouge. Ten Minute Warning était enterré et on n'avait rien en vu à l'époque. Donc on y est allé. Perso je suis revenu au bout de quelques mois parce que j'aimais pas la vie là bas. Je savais pas quoi y faire et où aller là bas... Duff et moi on n'a pas beaucoup joué ensemble à LA. Parfois on tentait de proposer nos services ensemble, parfois pas. Duff est rentré dans les Guns, et au moment ou Steven Alder (premier batteur des Guns) a été viré du groupe, je n'étais déjà plus à LA, et je n'étais à ce moment pas en contact avec Duff...
SG : Tu es passé par quelques groupes influents à Seattle : Ten Minute Warning, Skin Yard, MLB. Rétrospectivement, quels sentiments as tu à ce propos. Ressens tu une certaine fierté d'avoir réalisé ça?
GG : J'ai pas vraiment été un membre de Skin Yard, j'ai seulement joué deux ou trois shows avec eux à un moment où ils avaient besoin d'un batteur. Daniel House (bassiste du groupe et proprio de CZ Records) aime à dire que j'étais un membre à part entière. Ca doit le faire tripper de dire ça, je sais pas pourquoi... Avoir été dans des groupes influents? Je sais pas. Pour moi c'étaient juste des groupes comme les autres et j'avais la chance d'en être. Je suis certainement reconnaissant que les gens les aient aimé et que certains d'entre eux aient été influencé par eux. Mais c'est du passé pour moi tout ça, et je préfère tourner mon énergie vers le présent...
SG : Comment t'accommodes tu avec le fait d'avoir été dans des groupes aux styles plutôt différents?
GG : Pour moi c'est encore et toujours de la musique. Je sais que pas mal de gens pensent que Ten Minute Warning était un groupe punk. Perso j'ai jamais pensé ça. Pour moi c'était un groupe de rock qui jouait à fond les ballons. Puis quand David et Duff en sont parti, c'est devenu un peu plus psychédélique. Et Mother Love Bone, juste un autre groupe rock. Des musiciens se mettent à jouer ensemble et leurs influences combinées créent un son particulier. Parfois ça donne quelque chose de bien, parfois pas.
SG : Comment étaient les relations entre les membres de Mother Love Bone? J'ai lu qu'il y avait parfois pas mal de tensions... Penses tu que l'aventure aurait pu devenir énorme?GG : Pour moi il n'y avait pas plus de tensions que dans les autres groupes. On était un jeune groupe, on venait juste de signer sur un major label et on commençait à bosser sur un premier album, tout ça pouvait amener pas mal de stress. Je pense qu'on à pas trop mal géré le truc... Enfin... Peut être pas Andy. On est encore aujourd'hui en très bon terme tous ensemble... On pensait tous que le groupe allait devenir énorme, et moi le premier...
SG : Que deviens tu aujourd'hui? Toujours batteur? Des groupes? Des projets? Pas de regrets sur quelque sujet que ce soit?
GG : Très récemment j'ai enregistré et joué de la batterie pour le nouvel album solo de Geoff Tate (ex Queensryche, un des groupes phares du métal prog des 80's 90's, natif de Seattle). Et je vais partir en tournée avec lui. Je travaille aussi sur un album avec le nouveau groupe dans lequel je suis, il s'appelle Khmer. On devrait finir ça avant la fin de l'été. Sinon pas mal d'enregistrements, et de travail de mixage dans les dernières années... Pas de regrets!!!!
Ça se sent, et c'est tant mieux... Grand merci à toi Greg pour avoir pris un peu de temps pour nous à ressasser ces vieux souvenirs!!!!
19/09/2012
Seattle Grunge saison 3 + PJ20 version intégrale
Septembre se termine, et Seattle Grunge fait son retour pour une 3ème saison... On va tacher d'être inventif cette année encore, et pour ça on compte sur tout le petit monde des adorateurs français du rock made in Seattle... Qui veut prendre la parole est bienvenu, si bien sûr le sujet en vaut le coup... PYC par exemple, c'est pas le genre à lâcher l'affaire, et cet été il a fait fort, très fort, en rentrant en contact avec un membre éminent du Seattle Sound, pas forcément le plus connu, mais un de ceux qui en ont vu le plus... Surprise dans quelques jours... Mr Jégou, Cyril de son prénom, sort incessamment sous peu son pavé sur PJ chez Camion Blanc, faut pas croire qu'il va s'en tirer comme ça, va falloir qu'il réponde aux questions multiples de Seattle Grunge... Sly continue son bonhomme de chemin en distillant infos de toutes sortes sur Seattle Sound...
L'actu de l'année à venir, c'est Alice In Chains qui devrait pas tarder à sortir un nouvel album... Je parierais bien une petite tournée européenne pour l'été prochain... Come On People, le dvd sur les Thugs, ce fantastique groupe angevin qui en son temps côtoya le gratin du rock indé US, est enfin dans les bacs (voir le trailer sur la droite), agrémenté d'un cd live de la tournée de 2008... Il est extra ce docu, achetez le!!! Mais que font les gars de PJ? : chez Stone Gossard, un nouveau Brad est sortie il y a quelques mois... Jeff Ament a sorti un album solo? Première nouvelle... Autre side project du bonhomme, RNDM, sort son premier album : Richard Stuverud (Fastbacks et pleins d'autres) à la batterie, et le génial folkeux Joseph Arthur au chant!!! Tout ça à écouter dans la playlist Deezer à droite...Mais l'affaire de ces prochains mois, c'est bien sûr la sortie du nouveau Soundgarden, King Animal... Perso, même si je suis bon public, j'ai l'impression que ça promet!!!
Et pour fêter la nouvelle saison, rien de mieux que l'excellent docu sur Pearl Jam sorti l'année dernière : PJ20. Version originale sous titrée en espagnol, ça fait travailler les langues étrangères... 03/07/2012
Compte rendu Pearl Jam Arras 30.06.2012 - Par Cyril Jégou
Cyril Jégou, énorme fan de PJ devant l'éternel, l'un des rares francophones à écrire sur Pearl Jam, accessoirement l'un des quelques fans ultimes de grunge de l'hexagone, nous fait le plaisir de partager sa joie d'avoir vu PJ à Arras le WE dernier... PJ, toujours que du bonheur en live!!! :
Arras, à l'autre bout de
la France. C'est là que se déroule depuis huit ans le Main Square
Festival, organisé entre autre, par la firme Live Nation. Dans un
cadre étonnant - une ancienne forteresse militaire conçue par
Vauban, site protégé - a lieu l'un des gros festivals de l'été.
Mais soyons clair : si j'ai fait six heures de train, c'est parce que
la tête d'affiche s'appelle Pearl Jam. En pleine tournée
européenne, les cinq de Seattle donnent ici leur unique date
française. Live Nation impose plus ou moins par contrat
l'exclusivité nationale. Et comme les dieux du grunge n'ont pas
toujours eu les faveurs de la France, une seule date, ça leur va.
L'heure est arrivée. Je
me rapproche des barrières histoire de pouvoir voir quelques chose
du set. Autour de moi des allemands, des espagnols, des danois et un
groupe de français que je soupçonne faire partie du PJ Boots
trading, le fan club francophone de Pearl Jam. Ils dissertent sur les
shows d'Amsterdam et des espoirs d'entendre tel ou tel morceau. A
part un emmerdeur bourré et sa copine qui se font gentiment prier de
déguerpir par le service d'ordre, l'ambiance est bon enfant,
convivial. Sur les écrans géants les cameramans s'amusent à
afficher des images de fans arborant le drapeau de leur pays. Et il y
en a un paquet.
Quand enfin Pearl Jam
débarque sur scène, Jeff en premier, le public hurle comme un beau
diable. Voir pour de vrai ces icônes du rock US à huit mètres de
moi, ça me fait quand même un drôle d'effet. Je ne pourrais pas
dire le nombre de fois que j'ai écouté Vitalogy. Assez pour
user ce CD plus que tout autre. Le concert commence calmement avec un
morceau de choix : Release, dernier titre toute en émotion de
leur premier album Ten. Eddie Vedder le chanteur est en grande
forme mais on n'entend pas trop la guitare de Gossard qui demandera
un réglage quelques temps après. Jeff Ament (basse) est groovy,
Matt Cameron (batterie) impeccable, Stone Gossard (guitare) souriant
et tranquille, Boom Gaspard (orgue) discret et Mike McCready
(guitare) est là pour en découdre. Le public chante le refrain en
chœur. Un bon début.
Après ça, c'est
l'explosion car ils enchaînent sur Go, Severed hand et
Do the Evolution. Et c'est là que je me suis rappelé d'où
venait Pearl Jam. Avec le temps, les albums s'énervant moins qu'aux
premiers jours, je m'étais fait cette image mentale d'un groupe
pêchu mais faisant la part belle aux mid tempos, aux ballades
subtiles. Quand ils ont attaqué les choses sérieuse,s les six
premiers rangs se sont mis à sauter partout à bouger comme des
excités. Je me suis dit deux choses : "Merde ! Pourquoi je me
suis foutu à deux mètres des barrières ?" et "Va falloir
être solide sur mes pattes pour rester où je suis parce que quand
même, c'est PJ !"
Quelques mouvements de
foule plus tard, les choses se calment enfin. Eddie Vedder remercie
Florence and the Machine pour le soleil, parle de ses bons souvenirs
d'Arras 2010 (ils étaient également têtes d'affiche) avant de
s'extasier devant tous ces drapeaux qu'il voit dans le public,
invitant les politiciens du monde entier à se rassembler avec autant
de ferveur. En ces temps de G20, sera-t-il entendu ? Puis il enchaîne
avec l'un de leurs plus grands succès : Better Man. Les fans
compressés chantent à tue-tête histoire d'obliger Vedder à leur
laisser le lead. Le chanteur s'efface un peu mais reprend vite le
chant car un public de festival n'est pas un public de concert de
Pearl Jam (même si on pouvait parfois s'y tromper) et tout le monde
ne connaît pas les paroles (à part les cinq premiers rangs). J'ai
les jambes en feu et appréhende le prochain morceau. Mais Eddie, la
voix un poil fatiguée, nous parle de lumière idéale pour la
prochaine chanson et entame un Low Light chaloupé avant
d'enchaîner sur Amongst the Waves, titre qui prend toute sa
saveur et sa force en concert. Puis voilà que le rock dur revient à
la charge, mais cette fois mes jambes sont chauffées, et puis je ne
suis pas au milieu d'un public de brutal hard-core. La fosse s'est un
peu calmée quand résonnent les premiers accords du mythique Even
Flow. McCready est déchaîné et nous fait le coup de la guitare
dans le dos pour débuter le long solo d'impro finale. Ceux qui
découvrent le groupe en sont scotchés. On a droit à quelques
excités qui tentent un slam sur le public. Les mère de familles et
les jeunes filles en fleur n'apprécient pas, d'autant qu'une boue
bien fournie accompagne les godasses de ces surfeurs de foule. On
recalme le jeu avec Wishlist (sans la partie solo E-Bow de
Vedder) pour balancer un Lukin de furie, puis le manifeste
Corduroy. Sur les 28 000 personnes présentes, on est bien
cinq cents péquins à beugler toutes les paroles qu'on connaît.
Le silence se fait après
Corduroy. Ou presque. Le problème de ce festival est la trop
grande proximité des deux grosses scènes. On entend Izia qui se
produit au même moment deux cent mètres à côté. Eddie fait une
blague sur le fait qu'ils allaient tenter de faire plus de bruit
qu'eux. Le soleil est sur le point de disparaître définitivement,
le moment parfait pour la prochaine chanson nous annonce le chanteur.
Nothing Man débute, mémorable valse de Vitalogy. Et
si le Vedder est un poil bourré et un peu fatigué, force est de
constater que ça ne change rien à sa force d'interprétation. Plus
tard dans la soirée il va se casser la gueule (sans gravité
puisqu'il continuera à chanter) et se remontera même la braguette
comme s'il était chez lui, mais le show sera plus qu'assuré. C'est
d'ailleurs étonnant de voir à quel point ce groupe est chez lui sur
scène, comparé aux autres formations de la journée. Les six
musiciens sont tout hilares, lancent quelques vannes avant de
repartir au charbon avec une énergie impressionnante. De ça j'étais
au courant depuis longtemps. Le constater pour de vrai, c'est autre
chose. Après ça, le groupe entame Arms Aloft en mémoire de
Joe Strummer, avant d'aligner deux morceaux de Backspacer leur
dernier album : Unthought Known et The Fixer. Mais
quand la foule entend les premières notes de Rearviewmirror,
c'est à nouveau la folie à Arras City. L'impro finale, tonitruante,
et les spots qui balancent dans tous les sens offrent une fin
explosive à cette première partie de concert.
"Twelve years ago.
Be safe, be carefull." balance Eddie lors du rappel cinq minutes
plus tard. Car nous sommes le 30 juin. Il y a douze ans de ça, A
Roskilde au Danemark, neuf jeunes avaient péri dans un mouvement de
foule alors que les PJ interprétaient Daughter. Si les
musiciens de Seattle n'oublient jamais cette date, le temps a passé
et le traumatisme s'est atténué puisque, pour une fois, ils n'ont
donné aucune consigne particulière de sécurité aux organisateurs.
Après Given to Fly, le chanteur explique un peu l'historique
du groupe autour du projet Temple of the Dog de 1991, avant
d'interpréter Breath, morceau rare issu de la B.O du film
Single ; on dit que des fans leur envoient régulièrement des
lettres pour qu'ils jouent ce titre. Et pour enfoncer le clou, et
comme ils sont quand même là en théorie pour fêter leur plus de
20 ans d'existence, voilà qu'ils nous balancent la triplette Black,
Jeremy et Alive. De quoi achever tous les fans de la
première heure. A part un plantage de paroles sur Alive (ben
ouais !), le chanteur nous fait l'honneur d'une interprétation
magistrale. Sur les écrans géants on voit une fille qui pleure sur
Black ! McCready nous sort ses meilleures notes de gratte,
improvise plusieurs minutes sur Alive pendant qu'Eddie
sillonne la longue scène pour aller voir les gens sur les côtés.
Les dernières notes se font sur Yellow ledbetter comme de
tradition dans les concert de PJ.
"Have a great night.
Have a great life !" conclue le grand Eddie Vedder, tout en
remerciant en riant le groupe d'à côté - une blague que lui aura
soufflé Jeff Ament hilare - avant de quitter les lieux. La foule
conquise se sépare. Les fans sont heureux, persuader d'avoir
assister au meilleur moment de ce samedi, ce en quoi je suis d'accord
même s'il paraît que la prestation de Skip the Use était terrible,
et que j'ai adoré l'électro trash impro de Birdy Nam Nam.
Après ça, devant une
dernière bière je me mets à espérer que les Pearl Jam repassent
par la France en 2013 pour la tournée de leur dixième album.
Sait-on jamais...
La set list :
Release, Go, Severed
Hand, Do the Evolution, Better Man, Low Light, Amongst The Waves,
Even Flow, Wishlist, Lukin, Corduroy, Nothingman, Arms Aloft,
Unthought Known, The Fixer, Rearviewmirror.
Le rappel :
Given to Fly, Breath,
Just Breath, Black, Jeremy, Alive, Yellow Ledbetter.
Le concert en intégralité tout en haut, un peu loin mais son pas pourri du tout!!! Cyril Jégou sort donc à l'automne, aux dernières nouvelles, un bouquin sur PJ chez Camion Blanc, une bonne grosse œuvre de fan comme on les aime... A ne pas louper!!! Sur ce, Seattle Grunge c'est terminé pour l'été, peut être verra t'on un article ou deux sortir d'ici septembre, mais l'été est trop chargé pour rester le cul assis devant son ordi... Bon vent à vous chers fans du son de Seattle!!!
20/06/2012
Hellfest 2012 : le compte rendu
Au Hellfest, on va voir ce qu'on veut, parce que maintenant y'a 6 scènes, alors on est pépère pour apprécier tous les styles... Bon, moi je squatte comme d'hab The Valley, la scène stoner doom... On y voyage pas mal... Le Hellfest 2012 manquait un peu d'envergure coté programmation, comme ça, sur le papier... Mais en vrai, c'était encore une fois absolument énorme... Ont été décernées, après moults tergiversations, les quelques oscars du WE :
Oscar du groupe le plus français : Bukowski... C'est sympa Bukowski, les gars y s'donnent, le style rock n'roll tendance gros riffs c'est chouette, on aime bien.
Grand prix de la ville de Clisson du clone de Seb Chabal : Ben Ward d'Orange Goblin... Ouaip, Orange Goblin, une merveille de stoner blues rock gras comme un cochon, débarqué d'Angleterre il y a des années déjà, à la grande époque du stoner...
Grand prix de la ville de Clisson du clone de Seb Chabal : Ben Ward d'Orange Goblin... Ouaip, Orange Goblin, une merveille de stoner blues rock gras comme un cochon, débarqué d'Angleterre il y a des années déjà, à la grande époque du stoner...
César du groupe le plus barré : Big Business. Faut croire que les deux Melvins historiques ont vraiment déteint sur Big Business... Concert impeccable, énergie imparable, Big Business c'est du lourd, mais du lourd un peu fèlé quand même...
Grand Prix Pulitzer du Jimi Hendrix Experience : Atomic Bitchwax. Avec eux ça bluesaille de partout... Une merveille de blues (hard) rock hyper explosif!!!
Award du groupe le plus "Godzilla" : YOB. La claque du WE. Bordel ce son pachydermique, ils sortent ça d'où ces trois là?? La vérité vraie, à l'instant de la première note du concert, j'ai vu des gars reculer de trois mètres tellement ce son était gigantesque... Putain quel voyage mes amis!!! Un broyage de cerveau en règle...
Golden Globe de l'enclume du WE : The Obsessed. Où comment expérimenter le combat physique que peut représenter la musique... Cette basse, grave, sourde, ronde, elle te rentre jusqu'au tréfond de toi même, là où rien n'est plus que vibrations infra soniques...
MTV Award du clone de Black Sabbath : Saint Vitus... Wino au meilleur de sa forme, pour nous envoyer la purée dans un groove certain (écoutez moi cette basse sautillante). Évidemment c'est sous perfusion Black Sab, mais évidemment, on était au courant et c'est tellement bon qu'on en redemande... Groupe culte!!!
César du groupe qui a un train à prendre : Napalm Death... Une moitié de concert, le temps au moins d'entendre 18 morceaux. Au bas mot... Napalm Death, j'adore, et Barney Greenway c'est une star ce gars... C'est propre, ça déchire, ça bastonne à donf, ils méritent largement leur réputation ceux là...
Prix du solo le plus à mourir d’ennui : Zakk Wilde avec Black Label Society : on aurait dû le minuter ce solo aussi chiant que la mort... Pourtant on l'aime bien Zakk, BLS c'est bien bon, et écoutez moi ce Pride & Glory, merveille de hard rock sudiste inoubliable... Mais voilà, je sais pas, le gars il est rentré dans un trou noir ou bien, genre il s'est pas rendu compte que 10mn venaient de passer ou alors??? Genre il avait une crampe ou bien??
J'aime bien : Slash
J'aime bien : Slash
Prix de l'amitié franco belge : Amenra. Cette année les belges ont la frite bien grasse... Un sens du riff imparable, un sens du robotique imparable, un sens de l'ambiance desert rock imparable, un chant hardcore pas trop présent : on est transporté loin loin loin... On a comme l'impression d'entendre du Kyuss sous influence hardcore... Révélation du WE!!!
Prix du stoner le plus planant : Monkey 3... Longues plages instrumentales, morceaux étirés à l'infini, un joli stoner parfaitement exécuté pour t'envoyer loin dans l'espace intersidéral...
Grand prix RTL du vieux qui sait qu'il est vieux mais qu'assure crânement et de quelle manière!! : Lynyrd Skynyrd... Vraiment, c'était plein d'émotions ce concert, ces gars sont adorables, Free Bird ou Sweet Home Alabama sont des merveilles de légèreté rock, comme toute la discographie du groupe d'ailleurs... On en aurait presque la larme à l'oeil!!
Prix OMO Machine de la ménagère du WE : Machine Head. On aime où on n'aime pas, Machine Head a livré un concert d'une propreté irréprochable, qu'on a prit plaisir à suivre alors qu'on connait pas spécialement...
J'adore : Dropkick Murphys : Ça c'est du punk rock comme on n'en voit plus... Et pour cause, on a souvent l'impression d'entendre le fantôme du Clash planer sur ce groupe. L'esprit y est pour le sûr... Cornemuse, accordéon, violon aux grandes jambes de girafe, c'est l'autre particularité du groupe : ils sont descendant d'irlandais... Et le mélange est particulièrement jouissif...
César du doom le plus spatio temporel : Ufomammut... Ils portent bien leur nom les mecs : imaginez la rencontre d'un ovni et d'un mammouth dans l'espace inter galactique et vous aurez une approche assez fine de ce que peut être ce groupe...
Oscar du plus tendu du slip : Hatebreed... On y va parce qu'on nous l'a conseillé, merci R. On y reste parce que on a la jambe et la tête qui bougent toutes seules...
Prix du meilleur solo du WE : Donald Roeser du Blue Oyster Cult pour l'ensemble de son œuvre du jour... Le mossieur tricote des merveilles de solos coulant comme la crème anglaise sur son gateau au yaourth...
Prix du grabataire du WE : Ozzy Osbourne. Oh non pas encore lui, il a déjà gagné l'année dernière!!! Ouais mais bon, Ozzy c'est un peu Black Sab, qui est un peu à l'origine du métal quand même. Et pis là il avait emmené ses copains : Slash, Zakk Wylde, Geezer Butler à la basse pour quelques morceaux... C'était chouette bien que on n'a pas trop compris, mais il a manqué une demi heure au concert. Coté setlist, on n'a pas eu à supporter les vieilles ballades moisies du mossieu, et les quelques morceaux du Sabbath Noir était ma foi bien exécutées... NIB avec Geezer et Slash!!!
Podium du WE, dans le désorde : YOB, The Obsessed, Amenra
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