Seattle est au rock n'roll ce que Bethléem est au christianisme.
Spin Magazine (1992)

On a besoin qu'il arrive à nouveau quelque chose comme ça - pour changer la face de la musique. Tout de suite!
Mike Inez (Alice In Chains)

29/04/2011

Seattle Grunge's Anecdotes : Mudhoney premier grand succès national avec Touch Me I'm Sick

Oh vindieu, la scène de Seattle ne date pas que de 1988. Mais une chose qui est sûr, c'est que 1988 marque l'avènement et la suprématie dans le monde de la musique underground, de la scène rock du NorthWest étasunien. La faute à un putaing de single qui déchire sa vieille maman : Touch Me I'm Sick, et à un groupe qui deviendra l'archétype du futur son grunge : Mudhoney. Mudhoney, ils sont trop sales, trop drôles, trop bourrés, trop garage et trop stoogiens dans leur approche de la chose. Ce qui pouvait nous arriver de mieux finalement...

Jonathan Poneman (co fondateur de Sub Pop Records) : Tout le monde pensait que Sweet Young Thing était "the morceau". Puis on a été appelé par des gars qui en savaient plus que nous tous, et qui nous ont dit "Non non - c'est Touch Me I'm Sick". Ce single avait deux faces A - c'était énorme.

Nils Bernstein (publicitaire de Sub Pop) : Un des souvenirs que j'ai de Mudhoney est celui d'avoir été dans le camion d'un pote avec Mark Arm juste après que Green River splitte. Il m'a dit : "je suis en train de monter un groupe avec Steve Turner, et ça va être le meilleur que Seattle ai jamais vu". A peu près un an après ils sortaient Touch Me I'm Sick. Il avait totalement et entièrement raison.

Art Chantry (designer et "affichiste") : Difficile d'exprimer réellement l'impact que ce single a eu. Je me souviens la première fois que je l'ai entendu, j'étais en train de conduire dans Broadway, et cette chanson s'est mise à passer sur la radio. J'étais là : "qu'est ce que c'est que ce truc de dingue". Ca passait sur KCMU, et j'ai du me garer sur le côté pour écouter - je pouvais plus conduire.




Sources tirées de "Grunge Is Dead" de Greg Prato

22/04/2011

L'interview de Charles Peterson par Brice Tollemer (2008)

Puisqu'on en parle : paru originellement sur le webzine Inside Rock, voici la fameuse interview de Charles Peterson, menée de main de maître par Brice Tollemer en 2008, et intéressante à plus d'un titre... Je vous laisse découvrir...


2008. A l’occasion de la sortie du film Kurt Cobain : About a son, de AJ Schnack, en salles le 26 novembre, certains clichés de Charles Peterson sont exposés à la galerie Chappe (Paris, XVIIIe) jusqu’au 1er décembre. Rencontre avec l’un des témoins clés de la période grunge, qui a photographié et côtoyé de près des groupes comme Mudhoney, Nirvana, Soundgarden et Pearl Jam…

Inside Rock : Vous avez dû prendre des milliers de photos de cette période : comment fait-on pour choisir parmi cet énorme catalogue ?

Charles Peterson : En fait, d’une certaine façon, c’est l’autre plus gros travail du photographe, juste après celui de prendre des photos. Certaines sont très évidentes à sélectionner, tandis que d’autres le sont beaucoup moins. Il m’est par exemple arrivé d’en redécouvrir quelques-unes dix ans après leur prise, et le temps qui passe peut avoir son effet. Mais le plus difficile dans cet exercice est d’éliminer des photos, c’est un peu comme avoir le droit de « tuer ses bébés », parce que, bien évidemment, vous ne pouvez pas toutes les montrer. En définitive, il n’existe pas de décision juste, c’est souvent le choix du moment. Notamment dans mon livre Touch Me I’m Sick, il n’y a pas d’ordre particulier, ce n’est pas classé par ordre chronologique, seul compte véritablement le critère visuel et esthétique.

I.R : Justement, quand comme vous on a été à la fois acteur et témoin de cette période, est-il difficile de prendre du recul ?

C.P : Vous savez, quand je choisis mes photos, pour une exposition ou pour un livre, j’essaie de laisser de côté mes impressions personnelles. Tout simplement parce que certaines images peuvent avoir un sens précis pour moi alors qu’elles en auront beaucoup moins pour la plupart des gens. Des sessions de photos peuvent me rappeler des moments agréables ou particuliers, mais elles peuvent ne rien évoquer à ceux qui les regarderont. En définitive, il faut choisir celle qui, sortie de son contexte propre, aura le plus d’impact. Raconter toute l’histoire en une seule photo.

I.R : Comment avez-vous rencontré la plupart des groupes avec qui vous avez eu l’occasion de travailler ?

C.P : D’abord il faut dire que Seattle est une petite ville, notamment au début des années 1980. Quand vous vous rendiez à des concerts durant cette période, vous trouviez un public d’une centaine de personnes tout au plus. C’était donc un groupe réduit de gens, qui se connaissaient tous et chacun faisait son truc, eux de la musique, moi des photos. C’était juste comme ça, il n’y avait pas de mots de passe secrets pour pouvoir rentrer dans ce cercle vous savez. J’ai rencontré Mark Arm [le chanteur de Mudhoney, ndlr] juste parce que je venais de rentrer à la fac. Comme j’étais originaire de la banlieue, je ne connaissais personne à Seattle et je cherchais donc des personnes à rencontrer. Et quand je l’ai vu, avec le crâne rasé et un t-shirt des Crass [groupe anglais anarcho-punk des années 80, ndlr], je me suis dit que ça serait cool d’aller lui parler. C’est donc comme ça que nous sommes devenus amis, puis colocataires. A cette époque, il était dans son premier groupe, Mr. Epp and the Calculations. J’ai donc rencontré ses potes, il a rencontré les miens. Et c’est comme ça que j’ai rencontré Bruce Pavitt [fondateur du label Sub Pop, ndlr] qui travaillait dans un magasin de disques du côté de Capitol Hill et qui était DJ à la radio du campus, KCMU. C’est aussi comme ça que j’ai connu Jack Endino [producteur entre autres du premier EP de Soundgarden, Screaming Life, et de Bleach, le premier album de Nirvana, ndlr] qui enregistrait pour vraiment pas cher dans son studio.

I.R : Pavitt distribuait donc les disques, Endino les enregistrait et vous photographiez les groupes… Vous aviez étudié la photographie à l’Université ?

C.P : Pas spécialement, j’étudiais plutôt Shakespeare et le reste du temps je buvais des bières, comme tout bon étudiant. Le plus important dans la photographie, notamment en ce qui concerne ce genre précis, est juste de la pratiquer, en se rendant tout simplement sur place, dans les concerts, et prendre tous les clichés que vous pouvez. Soit vous avez l’œil, soit vous ne l’avez pas, c’est tout.

I.R : Votre première réalisation officielle fut la pochette du premier EP de Green River, Come On Down, en 1985. Peut-on dire que c’est le début de votre carrière professionnelle ?

C.P : Ce n’est pas vraiment le cas, dans le sens où je ne considérais pas ça comme un job. En tout cas, je ne le faisais pas pour l’argent. Ce n’est qu’à partir de 1991 que j’ai véritablement commencé à vivre de la photographie. A cette période, durant ces années 1985-86, c’était plus l’accomplissement d’un rêve qu’autre chose. Quand j’étais plus jeune, je regardais dans ma chambre les pochettes d’album des Clash, des Buzzcocks, et tout ceci me donnait envie de photographier des groupes de rock plus tard. Je profitais donc d’être là, au milieu de ces musiciens, de ces potes, pour réaliser ce que j’avais envie de faire depuis longtemps.

I.R : Quand on écoute les groupes de cette époque, on sent qu’il se dégage une énergie un peu folle, une énergie que vous avez su saisir à travers vos clichés. Comment l’expliqueriez-vous ?

C.P : C’est vrai que la plupart des concerts de Mudhoney, de Soundgarden ou de Nirvana se déroulaient de manière incontrôlable. Le sentiment général était celui d’une sorte d’explosion, de libération. Vous savez on était tous jeunes, c’était quelque chose de nouveau, d’amusant, et les shows étaient complètement fous, même si nous n’étions qu’une trentaine dans la salle. Et Bruce Pavitt trouvait ainsi que mes photos saisissaient bien cet esprit et qu’il fallait s’en servir pour le montrer à un plus large public. C’est notamment le cas avec une des premières photos de Green River en concert, utilisée pour un dossier de presse de Sub Pop, où l’on ne peut même pas distinguer la tête des membres du groupe. Cette façon de faire tranchait avec les illustrations habituelles des formations de l’époque et attirait par conséquent l’attention.

I.R : Justement, comment faisiez-vous pour saisir cet esprit, cette folie, lors des concerts ?

C.P : Le plus important pour moi était d’être le plus près possible de la scène. Mais il n’y avait pas d’organisation pré-établie. Je faisais comme n’importe quelle personne qui va à un concert, je buvais quelques bières, je sautais un peu partout et je parfois je prenais des photos, parfois non. En tout cas, ce n’était pas très difficile, il suffisait juste d’être là. Je ne réfléchissais pas trop à la manière de faire, je m’adaptais aux conditions. Par exemple, je ne tirais pas mes photos en noir et blanc pour une raison esthétique prédéfinie, je le faisais parce que les pellicules étaient moins cher, c’est tout.

I.R : Dans le livre de Lancer Mercer, vous expliquez que ce dernier suivait la voie Alice In Chains/Pearl Jam tandis que vous vous chargiez du parcours Mudhoney/Nirvana : comment tout cela s’est-il mis en place ?

C.P : En fait, tout le monde se connaissait et se fréquentait, mais les groupes de Seattle avaient des styles de musique et des influences totalement différentes. Musicalement, Alice In Chains n’a pas grand-chose de commun avec Mudhoney. J’étais plus attiré par le côté « punk » des groupes. Le grunge en tant que tel ne veut pas dire grand-chose. Il n’y avait pas d’uniformité ni dans la musique, ni dans les personnalités. Il est vrai que je suivais plus les formations de Sub Pop. Rétrospectivement, j’aurais peut-être aimé d’avantage photographier les débuts de Pearl Jam, même si j’ai eu l’occasion de le faire un peu plus tard.

I.R : Aviez-vous senti que quelque chose allait se passer à Seattle, que le grunge allait déferler sur le reste du monde ?

C.P : Ce n’est qu’à partir de 1989, quand Bleach est sorti que l’on a commencé à pressentir quelque chose. On pensait que Nirvana allait rencontrer un gros succès, mais plutôt tel que Sonic Youth le connaissait. Pas d’un succès planétaire.

I.R : Comment avez-vous vécu et géré ce changement soudain de dimension, dans la manière de faire vos photos durant les concerts ?

C.P : Bien évidemment on rencontrait plus de contraintes. Je ne pouvais plus juste arriver devant la salle avec mon appareil et rentrer comme ça. Il fallait faire des demandes de passe et de backstage, ce genre de choses, quelquefois il y avait des restrictions, des interdits, et de temps à autre tout ceci était un peu chiant. A tel endroit je ne pouvais pas utiliser de flash, à tel autre la scène était tellement grande que j’étais trop loin des groupes…Mais, finalement, quel que soit le lieu ou le contexte, la manière de faire est fondamentalement la même. Vous êtes là pour prendre des photos et vous vous attelez à cette tâche. Vos yeux sont les mêmes, même si l’équipement peut changer. Vous photographiez ce qui se passe, sans vous soucier de l’environnement extérieur. Vous vous adaptez à la situation. Que ce soit lors d’un concert gratuit de Pearl Jam à Seattle devant 75 000 personnes ou bien lorsque vous suivez Nirvana au festival de Reading en 1992.

I.R : En définitive, quelle était la meilleure attitude à avoir, au milieu de cet univers tout en mouvement et de ces personnalités si particulières ?

C.P : Je pense que les bonnes photos sont celles qui montrent les gens comme ils sont réellement. C’est pour ça que j’aime photographier les gens sur scène, ils sont dans un état second, ils ne pensent pas à l’appareil, ils sont dans leur univers. Un bon photographe doit ainsi savoir se rendre discret et surtout la fermer quand il faut, tant et si bien qu’on ne remarque plus votre présence.


18/04/2011

Interview de Brice Tollemer, auteur du "Pearl Jam - Vitalogy"

Des bouquins sur le grunge en français??? Y'en a pas des masses. Disons qu'on les compte sur les doigts de la main... Pourtant depuis quelques temps on entend parler d'un nouveau griffonneur, fana du rock underground 90's, qui aurait déjà à son actif une bio de Rage Against The Machine et un essai sur l'un des albums phares du Seattle Sound : Vitalogy de Pearl Jam... Même qu'il s'est pas mal penché sur l'histoire du mouvement, et qu'il pourrait un jour, qui sait, nous en sortir un pavé... Brice Tollemer, qu'il s'appelle : jeune trentenaire agréablement coincé entre Charteuse, Belledonne et Vercors, historien, et webzineur assidu...

Seattle Grunge : Brice, qu'est ce qui t'a amené à l'écriture? Comment passe t'on de rédacteur sur un webzine (Inside Rock) à écrivain pour Camion Blanc puis chroniqueur pour Le Monde? Ecrire c'est un truc naturel chez toi?

Brice Tollemer : En fait, tout a commencé lors de mon DEA d’Histoire. J’avais soutenu un mémoire consacré, en résumé, à Twin Peaks et au grunge, puisque la série de David Lynch datait aussi du début des années 90 et se déroulait également dans l’état de Washington, c’était intéressant de mettre en parallèle ces deux phénomènes culturels, qui ont à leur façon fortement marqué une génération. C’est donc à cette période que j’ai pris goût à l’écriture. Par la suite, j’ai commencé à collaborer aux Cahiers du Football, puis à Inside Rock. Après, j’ai contacté Camion Blanc, parce que je désirais écrire sur l’histoire de Pearl Jam, mais eux préféraient une biographie sur les Rage, qui venaient de se reformer.

Pour Vitalogy, c’est la maison d’éditions du Le Mot et Le Reste qui recherchait des auteurs pour une nouvelle collection. J’ai été contacté par un chroniqueur d’Inside Rock et j’ai donc proposé d’écrire sur cet album.

Enfin, concernant la série Rock Around The World Cup, je l’avais originellement écrite pour les Cahiers du Foot, et le site internet du Monde a voulu la reprendre pour la publier, dans le cadre d’un partenariat durant la dernière coupe du monde. L’idée était ainsi de mêler l’histoire du rock et le monde du football, chose qu’on retrouve souvent en Angleterre, mais très peu en France finalement.

SG : En jetant un oeil sur tout ce que tu as écrit pour Inside Rock, on perçoit de suite ton intéret pour le rock indé des années 90, et plus particulièrement pour RATM et PJ bien sûr, mais aussi Lanegan, Pavement, ou le rock seventies (Who, Stooges), voire certains groupes métal. D'ou te vient cette passion pour ce que j'aime a définir comme le vrai rock n'roll ?

BT : Je crois que j’ai eu simplement la chance d’avoir été adolescent à une époque où le rock connaissait une ébullition complètement folle. Quand on fait la liste des disques sortis par exemple entre 1991 et 1994, c’est vraiment saisissant. Entre les albums de Nirvana, Pearl Jam, Alice In Chains, Soundgarden, mais également ceux de Pavement, Dinosaur Jr., Weezer, Nine Inch Nails, Tool, sans oublier les Rage, les Red Hot, Faith No More ou bien encore la Brit Pop, ça foisonnait de partout. Et dans tous les styles. Les années 90 sont une très grande décennie pour le rock. C’est également à cette période que Douglas Coupland a sorti son livre « Génération X ». On est souvent le produit de son environnement. Quand il est bon, autant se laisser porter…

SG : Rapport à PJ ou RATM qui sont des groupes plutôt contestataires : Est ce que pour toi l'éthique punk ou DIY, ce coté rebelle, révolutionnaire que peut véhiculer le rock est quelque chose d'important ou au contraire plutôt arbitraire dans ton approche de la chose?

BT : Concernant l’engagement politique de ces deux groupes, je pense que je suis plus attiré par celui de Pearl Jam. Pour autant, on n’écoute pas des disques parce qu’on est d’accord avec les artistes qui les sortent. Mais quand l’engagement et la musique se rapprochent, cela peut être enrichissant. Par exemple, après les attentats du 11 septembre, alors que les Etats-Unis étaient en plein délire patriotique et revanchard, Pearl Jam a envoyé un livret à tous les membres du fan-club, livret qui contenait des textes d’Howard Zinn, Noam Chomsky ou bien encore Michael Moore. Ce genre de démarches me plaît assez. Du côté des Rage, prôner la révolution via une multinationale comme Sony… On peut trouver ça facilement contradictoire ou délicieusement ironique, c’est selon. Quant au DIY, l’éthique et la carrière d’un groupe comme Fugazi par exemple sont bien évidemment exemplaires.

SG : Tu as rencontré Charles Peterson lors de son passage à Paris en 2008... Ça fait quoi de se retrouver dans la peau de l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours? Enfin... Devant une star du rock à sa manière, l'ami de nombreuses personnalités du grunge à Seattle, et un de ceux qui ont vu naitre le mouvement depuis ses balbutiements?

BT : C’est une personne vraiment très humble et très profonde. Quand on pense à tous les tocards qui se touchent le nœud quand ils parlent de Kurt Cobain alors qu’ils ont du le rencontrer une fois dans leur vie, le contraste est saisissant. Je me rappelle d’une scène lorsque je m’étais rendu à son exposition pour l’interviewer à Paris : durant la soirée, une équipe d’une émission de Paris Première était arrivée et faisait une espèce de reportage sur Cali, qui parlait devant une photo de Nirvana… Il y avait tout dans cette scène : le côté branchouille-bobo d’une ville faussement rock et la médiocrité ambiante de la musique française. C’était à dégueuler. Quand juste cinq minutes auparavant, vous discutiez paisiblement de Seattle et de tous ces groupes avec quelqu’un qui n’en rajoute pas, qui vous raconte sans vous faire sentir qu’il est plus important que vous…

SG : Y a t'il un groupe que tu apprécies plus que tout parmi tous ceux sorti de Seattle?

BT : C’est bien évidemment Pearl Jam. Ils font partie de ces groupes qui vous accompagnent toute une vie, dans la droite lignée de Bruce Springsteen ou de Neil Young. Bon, quand on a 14-15 ans on ne pense pas à eux quand on écoute Pearl Jam. Mais c’est un sentiment qu’on peut décrire 15 ou 20 ans plus tard. Des morceaux comme Porch, Rearviewmirror, Immortality, Do The Evolution sont vraiment fabuleux de mon point de vue. Surtout, ce qui est enthousiasmant, c’est de se plonger dans toutes leurs b-sides et dans leurs reprises : quand on pense que des morceaux comme I Got Id, Dead Man Walking ou bien encore Crazy Mary ne sont même pas sur leurs albums studios… Leur répertoire est donc immense et diversifié, et ils savent s’en servir, notamment en live, où ils prennent toujours soin de ne jamais jouer deux fois la même setlist deux soirs de suite, avec un public prêt à chanter en chœur sur n’importe quelle chanson. C’est vraiment le rock fédérateur dans ce qu’il a de plus noble.

Quant aux autres groupes de cette période, cela serait trop long d’en parler précisément, mais je pense que si je devais ressortir deux ou trois albums, ça serait l’Unplugged d’Alice In Chains et Above de Mad Season. Je rajouterais aussi les disques solo de Mark Lanegan, I’ll Take Care Of You et Field Songs pour ne citer qu’eux.

SG : Tu as écrit un essai plutôt personnel sur le Vitalogy de Pearl Jam : brièvement, sans réécrire le livre, en quoi est ce un album qui t'as marqué?

BT : Pour faire court, il y a trois principales raisons : c’est d’abord grâce à cet album que j’ai redécouvert le disque vinyle, et à une période où le cd régnait en maître. C’est par ailleurs une époque où Pearl Jam était en lutte contre à peu prés tout : MTV, Ticketmaster, etc… Et on ressent ce combat quand on écoute des chansons comme Not For You ou Corduroy. Enfin, et c’est ce qui est essentiel au final, le son de ce disque. Un peu crade, à la limite de la rupture, et la rage de Vedder. Le mal-être tout simplement. Tout comme le concept du livret Vitalogy.

SG : As-tu d'autres projets d'écriture en cours sur des sujets rock?

BT : Avec des amis, on a monté récemment un nouveau webzine, Not For You, plutôt centré sur l’indé niveau chroniques de disques et tendance Eric Zemmour pour les billets d’humeur (rires). Sinon, avec un groupe nommé H-Burns, on a un projet où on mêlerait des reprises de Dylan et de Neil Young notamment avec des petites nouvelles que j’écrirais, dans un esprit Bukowski pour résumer, le tout avec des illustrations, des dessins, des photos, etc… Pour le moment, on est tous occupés, surtout H-Burns qui va bientôt enregistrer chez Steve Albini, mais j’espère que ça se fera au cours de cette année.

Merci pour tout Brice, et taches de nous sortir encore quelques bons trucs à lire!!!!

10/04/2011

Un Blood Circus bien saignant svp!!!

Blood Circus est à ranger dans le premier wagon des groupes Sub Pop, et, à ce titre, dans celui du "son" Sub pop des origines, celui qu'on fit sonner comme tel en le produisant comme tel, celui là même qu'on qualifia de crade, crasseux, poisseux - grunge en gros... Et ça mon pote, pour être poisseux c'est poisseux!!!! Tiens donc qui c'est qu'on retrouve là? : ce bon vieux Jack Endino. Ben ouais quel hasard, c'est bien lui qu'était aux manettes quand Blood Circus se mettait à enregistrer quek' chose!! Étonnant ça!!! Du pur rock n'roll en fait, rien de moins rien de plus, à l'instar de ses collègues nouvellement formés, Mudhoney ou TAD.

Geoff Robinson (guitariste de Blood Circus) : On n'était pas vraiment dans le "Seattle Sound". Pour nous ce qu'on faisait c'était d'abord du rock primaire. Si les hommes préhistoriques avaient joué du rock n'roll, ça devait sonner un peu comme ça.

Michael Anderson (chanteur guitariste) : On faisait juste une musique qui ressemblait à un bon vieux plat "barbaque patates"

Ouais... Pour le sûr pas du léger... Le groupe sort en 1988 un premier single "Six Foot Under / Two Way Street" numéroté SP13 et partage la scène à l'époque avec Mudhoney, Nirvana ou Swallow. Suivra un premier et ultime Ep : Primal Rock Therapy, qui sera agrémenté quelques années plus tard de 5 titres. Carrière éclair oblige, Blood Circus se sépare en 1990 suite à une tournée de 6 semaines dans tout le pays en compagnie des Thugs. Puis se reforme pour la forme en 1992...

Doug Day (batteur de Blood Circus) : Notre timing était vraiment mauvais. Je pense qu'on était tout près d'une certaine reconnaissance et ça doit être le pire en terme de mauvais timing... On a toujours joué ce type de musique. On n'était pas dans un trip artistique...

Rod Moody (chanteur de Deranged Diction et Swallow) : Blood Circus, avec Mudhoney, était le prototype du "grunge version 1.0" - riffs massifs combinés avec le grognement épais, guttural du chanteur Michael Anderson. Comme Swallow ou Cat Butt, Blood Circus était un comme un tas de ferraille, et personne ne savait jamais à quoi s'attendre à leurs concerts. Parfois ils étaient phénoménaux, le reste du temps souvent trop désordonnés et bourrés pour ne pas faire mieux qu'un gros bordel sonique.

Jonathan Poneman (co-chef de Sub Pop) : Un paquet d'entre vous avez élus vos disques de Soundgarden, Mudhoney ou Nirvana comme des sommets du "grunge". Pas de bol. Primal Rock Therapy est "l'acid test". (...) Blood Circus a non seulement été boudé par les critiques, mais a été l'une des plus mauvaises ventes de l'histoire de Sub Pop

Le son Blood Circus reste cependant un modèle du genre, et perso, Primal Rock Therapy reste lui un des "vrais grands albums méconnus" du Seattle Sound. Deux morceaux dans la playlist Grooveshark : un de l'Ep, l'autre, The Outback, excellent morceau de la compil Sub Pop 200. Calling For Lisa en vidéo, extrait de Hype!

01/04/2011

Seattle Grunge's Anecdotes : Daddy Hate Box vs Mother Love Bone

Eux : édition limitée, clubs privés, coffret luxueux. Nous : pas de truquage, pas de "hype", gros son. Voilà comment se présente Daddy Hate Box, groupe monté en "hommage" à Mother Love Bone, ou devrait t'on dire, histoire de se payer la tronche de Andrew Wood et consorts... On en a déjà parlé, la recherche de notoriété des membres de Mother Love Bone n'est pas du gout de tous à Seattle. Certains le prennent très au sérieux, d'autres préfèrent utiliser un humour du meilleur gout. C'est le cas de Peter Litwin, chanteur de Coffin Break, et du batteur de TAD Steve Wied, qui montent Daddy Hate Box, signent sur CZ Records, et sortent quelques 45 tours et un Ep tout en distillant quelques concerts à droite à gauche... Fallait le faire, ils l'ont fait...

Daddy Hate Box : Look Like Hell sur la compil Teriyaki Asthma de CZ Records

(Attention : n'ayant malheureusement aucun autre moyen (Deezer ou autre) de faire découvrir la musique liée au sujet dont nous parlons, ce morceau est exceptionnellement mis à disposition des visiteurs)

26/03/2011

Soundgarden : Led Zeppelin moderne???


J'peux vous dire un truc??? ... Soundgarden c'est mon péché mignon... Ok ok, Pearl Jam c'est énorme et franchement si vous me demandiez lequel des deux a ma préférence, je saurais pas le dire moi même. Mais chez Soundgarden y'a une telle puissance!!! Dieu sait s'il en est sorti depuis, chez les stoners métalleux, des riffs de la mort à en faire perdre son dentier à ta grand mère... Mais la différence avec Soundgarden, c'est que la puissance n'est pas seulement dans le son en lui même, mais dans ce que ça dégage, quelque chose de quasi spirituel, de quasi mystique. Tenez : un morceau comme Nothing To Say par exemple : son énorme, riff surpuissant, hyper lent, monolythique... Et cette voix. Holy Fuck!!! Sortie du tréfond du néant... Si on voulait donner une bande son pour représenter au mieux ce que serait Dieu, la vacuité, l'Eternel, l'Absolu, pas de doute pour moi ce serait du Soundgarden... Comme un truc que t'as l'impression que c'est tellement gigantesque, un truc tellement infiniment grand que ça fait te rendre compte de ton infinie petitesse. Soundgarden c'est en soi une expérience chamanique, aussi lourd que les tables de la Loi (c'était de la caillasse bordel), aussi perçant que le trident de Shiva, aussi destructeur que le regard de Padmashambava... Voyez ce que j'veux dire ou bien? Soundgarden, c'est l'au delà de la Puissance, un truc pas descriptible. Quelque chose d'à peine imaginable. Démentiel. Transcendant. Quand Jack Endino parle de l'enregistrement du single Hunted Down / Nothing To Say dans Hype, il n'en revient pas lui même, et pour cause!!! On touche à la folie pure... Un grand nombre des premiers morceaux du groupe ont ce feeling extraordinaire. Beyond The Wheel, Hunted Down, Entering, Flower, et tant d'autres. Bon, on va s'arrêter là, mais regardez le petit dernier, Black Rain : c'est totalement du même acabit, et je dois vous avouer que la vidéo de ce single, ben c'est bien trouvé : ça correspond vraiment à ce que dégage le morceau...



Un autre groupe qui est capable de jouer sur ce terrain de l'expérience mystique, ben c'est Led Zeppelin... Bordel, écoutez moi Houses Of The Holy (en même temps il porte bien son nom cet album là!!!). Moi perso ça me fait tripper grave... Et c'est d'ailleurs marrant parce que Soundgarden a souvent été prit à ses débuts, et même après, comme un suiveur de Led Zep...

Matt Vaughan (manager de Gruntruck) : J'étais chez un pote dans Capitol Hill, et il s'était mit ce disque, Screaming Life. J'ai écouté ça pendant 30 minutes, en me disant que c'était le meilleur bootleg de Led Zep que j'avais jamais entendu - j'avais pas idée que c'était un groupe de Seattle. Puis on est allé les voir - c'était frénétique. Ils étaient sans conteste le groupe le plus heavy à Seattle.

Jeff Gilbert (journaliste pour Guitar Part et The Rocket et employé de Sub Pop) : J'ai vu Soundgarden sur scène 50, 60 fois peut être, et il y avait des soirs ou ce n'était pas juste un simple concert - c'était une expérience biblique. Quand tu sors de ça et que tout ton corps bourdonne... C'était ça la première fois que je les ai vu. J'ai pensé : Bordel de Dieu, comment ces 4 gars arrivent à avoir un son pareil? C'était comme une nouvelle version de Led Zeppelin. Juste ce son insensé, surpuissant. Mais ils faisaient quelque chose de si différent, sombre par ailleurs - mais pas diabolique (rires)

Stu Hallerman (ingénieur du son de Soundgarden et proprio des studios Avast) : Kim n'aimait pas les groupes comme Led Zeppelin, et Hiro n'aimait vraiment pas tout ce qui venait du rock quand il était ado. Tout le monde à cette époque disait : "Oh, ça fait pas de doute que ces gars copient à fond Led Zep", mais quelle que soit la ressemblance, c'était naturel - c'était juste la façon dont ils utilisaient leurs guitares et hurlaient. C'était une coïncidence plus que tout autre chose. Je pense qu'on a tous aimé Led Zep à un moment donné, mais ce n'était pas une influence directe pour eux.

Rod Moody (chanteur de Deranged Diction et Swallow) : J'avais vu un des tout premiers shows de Soundgarden. Chris Cornell a souvent dit que Led Zeppelin n'avait pas d'effets sur lui, mais ils avaient joué ce soir là 3 morceaux de Led Zep coup sur coup.

John Leighton Beezer (leader des Thrown Ups) : Ils ont sorti ce morceau, Incessant Mace, qui était plus ou moins du copié collé de Dazed and Confused de Led Zeppelin. Et pas seulement un peu. Mais j'étais sur le cul : c'était un morceau de 12 minutes, heavier than shit - "Led Zep ne joue pas dans les petits clubs (rires). Putain de Dieu, c'est un plagiat, mais... qu'est ce qu'ils sont bons!!!"

Scotty Crane (propriétaire des studios SoundHouse) : Quand j'écoute les premiers enregistrements de Soundgarden, je suis encore plein d'admiration. Quel groupe extraordinaire. J'étais tellement blasé de Led Zeppelin parce que je les avais entendu tellement de fois à la radio. Mais quand je réécoute Led Zep, même sans y avoir touché pendant 5 ans, j'ai toujours la même réaction : "Oh mon Dieu!, c'est vraiment un groupe extraordinaire". Comme un miracle : il y avait une alchimie entre ces 4 là. Et quand je pense à certains morceaux de Soundgarden, j'ai le même sentiment. Le tout est plus grand que la somme des parties...



Beyond The Wheel live. Titanesque!!! Nothing To Say en écoute dans la playlist Grooveshark

19/03/2011

Truly : un pas vers le post grunge...

Truly est un peu un cas à part... Arrivé avec une chouille de retard sur l'horaire du train pour pouvoir profiter un minimum des retombées nirvanesques, mais parti avec un temps d'avance sur tout le monde pour ce qui est de faire évoluer le style... Pas loin d'être totalement méconnu aujourd'hui, le son du groupe évolue cependant dans le très haut du tableau de ce qu'a pu fournir la scène de Seattle au monde du rock. Truly, c'est un peu la dream team du grunge : on tient là un ancien Soundgarden : Hiro Yamamoto à la basse. Un ancien Screaming Trees : Mark Pickerel à la batterie. Le tout dirigé par un ancien rien du tout qui toutefois avait été pressenti pour prendre la seconde guitare chez Nirvana du temps que sieur Cobain cherchait un quatrième larron pour étoffer son mur du son (en lieu et place de l'illustre "looser" Jason Everman qui s'y était collé, sans grand succès). Robert Roth, qu'il s'appelle, le gars. Robert Roth est ce qu'on peut appeler un songwriter de génie, le genre de gars qui te pond des morceaux extras sans avoir la moindre impression de se faire mal au cul. Le seul petit problème de Robert Roth, comme de ses deux comparses, c'est qu'il est trop gentil, trop "pas assez", trop "mec sans problème", trop monsieur tout le monde pour pouvoir prétendre à une certaine notoriété... Que voulez vous, aujourd'hui comme en 1990, il faut du scandale, de la drogue, des mecs qui montrent leur cul, des filles qui montrent leurs nichons, des chambres d'hôtels dévastées pour être pris un minimum au sérieux. Robert il est pas comme ça...

C'est en attendant la réponse des Nirvana que Robert Roth rencontre Mark Pickerel, tout juste sorti des Trees pour cause d'évitement de tournées à rallonge. Mark est un gars qui aime bien son petit chez soi. Allez taper ses futs à l'autre bout du monde, c'est pas son trip...

Van Conner (après la sortie de Uncle Anesthesia) : Mark voulait rester à la maison. On avait une offre d'une major, donc on a décidé d'enregistrer le disque. Puis Mark décida encore une fois qu'il ne voulait plus tourner. On voulait tous quitter le groupe à ce moment - mais il a été le seul assez courageux pour le faire.

Mark Pickerel : La demande autour des Screaming Trees a vraiment augmenté quand on a signé chez Sony. C'était désormais une grosse machine, avec du monde qui bossait pour nous. Et l'attente de ces gens n'était pas en adéquation avec la vision qu'on avait. J'étais moi même pas près à assurer le nombre de concerts à venir. J'ai rencontré ce gars, Robert Roth, depuis devenu un ami, qui avait écrit des morceaux, et qui m'a demandé si j'étais près à les développer avec lui dans l'idée de les sortir sur disque. J'ai entendu les morceaux, et je les ai trouvé très bons. Ils avaient les mêmes qualités que ceux des Screaming Trees.

Les deux amis enregistrent une première démo pour Sub Pop, et un premier Ep en septembre 1990 (qui ne sortira que vers la fin de l'année suivante). Un mois plus tard, ils ouvrent pour The Jesus Lizard, et font forte impression sur le public de Seattle. Le premier bassiste, Chris Quinn assure à ce moment la basse. Mais quitte bientôt le navire.

Robert Roth : Chris et moi on avait du mal à bosser ensemble - je suis plus un gars qui fonctionne à l'intuition, lui est plus studieux. Je voulais faire de Truly un Television (groupe new yorkais de la fin 70's très novateur à l'époque) du NorthWest. Chris insistait pour passer à la guitare, ce qui signifiait qu'on avait besoin d'un nouveau bassiste. Mark a donc appelé Hiro.

Hiro Yamamoto, ex bassiste fondateur de Soundgarden, est à l'époque dégouté de la musique. La rencontre des trois a lieu dans les bureaux de Sub Pop, et tous s'accordent immédiatement sur le fait que Truly est en train de créer un son plus sophistiqué que ce qui se faisait à Seattle à l'époque, que c'est excitant, mais aussi qu'ils veulent faire les choses par eux même, et jouer et tourner parce qu'ils en ont envie, pas seulement parce qu'il le faut. C'est une déclaration d'indépendance.

Hiro Yamamoto : J'ai été en dehors de la scène musicale pour un moment - je voulais juste ne plus jouer. J'étais fatigué de ça. Mark m'a appelé, en me disant "Je joue avec ce gars, et on cherche un bassiste". J'ai dis : "Bon ok, je vais y jeter un oeil". J'avais pas joué depuis deux ans. J'ai écouté, et j'ai trouvé ça vraiment cool. J'ai toujours adoré le jeu de Mark. Il semblait à ce moment là que reprendre la basse était la bonne chose à faire.

Robert Roth : Quand Jonathan Poneman a écouté notre travail, il a tout de suite décidé de nous signer et de sortir quelque chose. L'idée de Truly était d'être "post-grunge". Ca a été notre intention depuis le premier jour, d'emmener le débat ailleurs...

Une apparition sur la BO de Singles avortée, et un trop habituel retour sur parole de Sub Pop feront que le groupe ne sortira son premier album qu'en 1995, et sur Capitol Records. Ils ont déjà gagné la bataille auprès du public de Seattle, mais la sortie de Fast Stories... From Kid Coma, un album pour le moins extraordinaire, finit de clore le débat. L'album est d'une telle densité...

Robert Roth : Je me souviens Kurt (Cobain) avoir dit qu'il allait en parler à Gary Gersh (qui signera Truly sur Capitol peu de temps après). C'était vraiment excitant, parce que nous avions totale liberté à Capitol. On avait plus de liberté chez Capitol que chez Sub Pop, et avec ça le contrôle artistique. Ils nous ont dit : "Prenez l'enveloppe et faites ce que vous voulez avec. Ne vous préoccupez pas des singles, ne cherchez pas à faire des hits avant le troisième ou le quatrième album. On veut faire de vous un groupe à album comme Pink Floyd ou Led Zeppelin. Nous on était là : "Vous êtes sûr?" (...) J'ai vraiment le sentiment que Fast Stories... est un vrai album, dans le sens ou ce n'est pas seulement une collection de chansons mises ensemble. En bossant dessus, dans notre tête, c'est comme si on était en train de faire un film.

Hiro Yamamoto : Certains morceaux de Fast Stories m'ont mis sur le cul quand je les ai écouté. C'est pour ça que je fais de la musique - pour entendre ça. L'album suivant, Feeling You Up, est beaucoup plus pop. C'était notre envie. Je me souviens avoir dit à Robert : "N'essayons pas de rester dans le trip psychédélique. Arrêtons les morceaux de 6 ou 10 mn".

Robert Roth : Je pense qu'on a poussé la musique de Seattle beaucoup plus loin. J'ai su par certaines sources qu'on avait été une influence pour Radiohead.

Le groupe splitte en 1998, mais s'est reformé en 2008 pour une série de concerts. La preuve en image plus bas. Robert Roth sortira en 2004 un album solo encensé par la critique, tout en collaborant avec le poète punk Jim Carroll (mort en 2009. Le film Basketball Diaries, dont la BO reprend des morceaux de Soundgarden, Pearl Jam et The Posies, est basé sur son autobiographie) pour un Ep et quelques concerts sold out. Un titre de Fast Stories + un de Feeling You Up dans la playlist Grooveshark à droite... Truly fait parti de ces groupes qui se révèlent au bout d'écoutes répétées... Persevérez, vous ne le regretterez pas!!!!!!



: Avec le concours du bouquin qu'est en photo là...

18/03/2011

Seattle Grunge's Anecdotes : Remember Kurt - Cobain par ses pôtes...


Kim Warnick (des Fastbacks...) : Il était resté fut un temps à notre appartement - je vivais avec Suzie Tennant à l'époque. Kurt n'avait pas de logement à l'époque, il vivait dans sa voiture. Quand ils jouaient en ville, ça finissait toujours en fiesta inopinées à la maison. Un des plus grands souvenirs que j'ai de Kurt, c'est un jour qu'on était tous à tuer le temps, et moi et lui dansant sur "Come On Get Happy" de Partridge Family (une série américaine des années 70). On s'était pété la gueule et dans notre chute, on avait embarqué la stéréo.

Van Conner (des Screaming Trees...) : Dylan Carlson et moi avions l'habitude de se faire des sorties ensemble. Donc parfois il arrivait qu'on sorte tous les trois, avec Kurt. On allait simplement s'en jeter quelques unes. Un soir à une fiesta pas loin du Moore Theater, Kurt avait décidé de me sauter sur le dos. Les gars un peu petits, je sais pas pour quelle raison, ils ont toujours aimé me sauter dessus. Je me souviens lui s'agrippant, et moi courant le plus vite que je pouvais pour l'éclater contre un mur. Je l'ai broyé comme ça au moins 4 fois. Un psychotique - il ne voulait pas lâcher l'affaire. La cinquième fut la bonne, il a finit par s'écrabouiller sur le sol!!!

Jerry Cantrell (d'Alice In Chains...) : Je pense que Layne et lui sortaient ensemble de temps en temps - à un moment donné. Je pense que Layne était vraiment inspiré par lui.

Mark Pickerel (des Screaming Trees et de Truly...) : Probablement le seul gars qui m'ait embrassé sur les lèvres que je n'ai pas claqué.

Ben Shepherd (de Soundgarden) : Ils aiment dire qu'il avait du charisme. Bullshit. Il n'en avait pas - il était juste Kurt, et c'était sa plus grande qualité. Il était juste Kurt. Je l'ai rencontré à Olympia, je pense pas qu'il avait commencé Nirvana à l'époque. Je l'ai rencontré à une soirée - on était tous les deux assis au bout d'un canapé, et je lui ai dit un truc du genre : "T'es comme moi, tu finis toujours à cet endroit dans les soirées". Et il m'a dit : "Yep". Tout le monde faisait la fète, et nous on était assit là, "loners" au fond d'un canapé. Heureusement y'avait une guitare. On a fumé quelques clopes et papoté là tout avachis...

Photos : Kurt avec Mark Lanegan et Dylan Carlson + Kurt avec Mark Arm et Matt Lukin. Photos piquées chez http://site.thegrungescene.com

Sources tirées de "Grunge Is Dead" de Greg Prato

15/03/2011

Alice In Chains en deuil : mort de Mike Starr

Nouvelle de la semaine, balancée par Sly : Mike Starr, premier bassiste d'Alice In Chains, a donc trouvé la mort il y a quelques jours, après deux décennies d'oubli total. Il était de toute évidence l'archétype du gars bouffé par la pseudo gloire, écrasé par un star system qui fait passer en deux secondes de l'état d'illustre anonyme à celui de star du rock. Qui n'est pas préparé à ça le regrette généralement amèrement. C'est en perçant avec Alice In Chains que Starr a commencé à toucher à la petite poupoudre, comme d'autres l'ont fait depuis 25 ans au sein de la scène de Seattle : Andrew Wood, Kurt Cobain bien sûr, Layne Staley, Mark Arm qui a su s'en tirer, ou Mike Mc Cready. Et bien d'autres.

Starr n'était à priori pas le plus futé des musiciens de Seattle. Il aimait d'abord s'amuser, mais il n'était définitivement pas le meilleur musicien du coin, juste un gars qui jouait de la basse en s'en tirant pas trop mal... Mike Inez est surement bien meilleur. Ses copains d'Alice In Chains ont comptés rapidement faire leur vie sans lui, car il avait depuis le commencement de l'aventure, eu bien du mal à gérer le succès soudain, l'argent qui coule à flot, et la drogue.

Ben Rew (roadie de TAD) : Le groupe voulait le virer quand ils ont été signé, mais le label leur a conseillé de le garder, parce qu'il avait le physique de l'emploi et que ça passait bien. Pauvre Mike, ça aurait été beaucoup mieux pour sa santé s'ils l'avaient viré à ce moment là...

Sean Kinney : En janvier 1993, on a fait deux dates sur deux festivals au Brésil. Tout le monde était là bas : L7, les Red Hot... Ça a été un moment un peu "aigre doux", parce que Mike Starr était sur le départ - c'est le dernier show qu'on a fait avec lui. C'était un des plus gros show qu'on ai jamais joué - surement 100000 personnes. On était mal, parce qu'il partait. Je connaissais ce gars depuis... lui et moi étions dans des garages bands depuis... qu'on a 11 ans... C'était un triste moment.

Doit y'avoir carrément un village pour anciens musiciens de Seattle là haut, pas possible autrement...

04/03/2011

Riot Grrrl!!!!!!!!!!!!!!!

D'une sub culture locale devenu phénomène de foire international, sortira, ne l'oublions pas, une "sub-sub culture" féminine et féministe, qui, 20 ans après, continue de forcer l'admiration non seulement des filles, mais aussi des garçons, moi le premier : Riot Grrrl!!! Si la première (de sub culture) a prit naissance autour de Seattle, c'est à Olympia que la seconde voit le jour... en réaction à l'ambiance prédominante du moment, testostéronée et machisante. Si la première n'a pas de conscience politique clairement affichée, l'activisme est la raison d'être de la seconde.

On associe très fréquemment, et pas souvent à raison, le Riot Grrrl Movement à des groupes de filles (pourvu qu'il y en ai au moins une) tels L7, Hole, Babes In Toyland, 7 Year Bitch ou The Gits, mais c'est réellement autour de Bikini Kill et Bratmobile, deux groupes d'Olympia, qu'il y a à chercher les prémices et l'essence du mouvement : un esprit révolutionnaire et revendicatif.

Allison Wolfe (chanteuse de Bratmobile) : Au lycée, j'avais eu un incident. Je sortais avec un mec qui était une vraie blague à lui tout seul - blouson de cuir et tout le reste. Il avait deux ans de plus que moi. Quand j'étais avec lui, il me contrôlait vraiment - j'avais pas réalisé au début, parce que j'avais jamais vraiment eu de boy friend avant. Au fil du temps, progressivement, il ne voulait plus que je sorte avec ma frangine et mes amis, surtout quand lui ne pouvait pas venir. Donc un jour j'ai cassé avec lui. Ma sœur et quelques amis étaient là, à l'étage. Il m'a physiquement agressé - il m'a prit par le col, m'a plaqué contre le mur en me criant dessus. Il a perdu les pédales, il a prit une casserole et, en partant, l'a jeté dans la pièce - il y avait un gros trou dans le mur. C'était dingue comme situation, et ça m'a rendu folle. C'était dur pour moi, parce que j'ai grandi dans un environnement violent - mes parents se battaient beaucoup. Quelque chose a fait tilt en moi ce jour là. Quelque chose devait changer - je devais me bouger pour ça. C'est à partir de ce moment que j'ai commencé à fréquenter la scène alternative d'Olympia.

Kathleen Hanna (chanteuse de Bikini Kill) : Je me souviens avoir croisé Tobi Vail dans le coin, et pensé qu'elle était vraiment cool, et je voulais vraiment la rencontrer. C'est arrivé à un concert de Fugazi (combo new yorkais mené par Ian Mc Kay, fer de lance du hardcore américain, dont on reparlera très certainement un de ces jours sur ce blog) à Seattle. J'avais jamais vu Fugazi avant. J'avais prévu d'y aller avec une amie qui, à l'époque, était dans Fizt Of Depression. Mais une fois sur place, on ne s'est pas trouvé. J'avais pas de ticket et c'était sold out - j'étais trop stupide. Tobi était déjà à l'intérieur - elle m'a choppé le bras et m'a entrainé dans la salle. Puis elle a disparu. j'ai vu Fugazi, et vraiment c'est le truc le plus dingue que j'ai vu de toute ma vie. Ils ont joué "Suggestion" et moi je me disais "La vache - des mecs qui parlent de sexisme. C'est dingue!"
Ce WE là, Kathy Acker, dont je devais assurer la première partie de ses lectures publiques, m'avait incité à arrêter la poésie et les lectures et à démarrer un groupe si je voulais vraiment que les gens entendent ce que j'avais à dire. Donc je suis revenu à la maison et j'ai commencé Viva Knievel. Une fois, en tournée, j'ai écrit une lettre à Tobi au sujet de son fanzine (Jigsaw), en lui demandant si je pouvais écrire dedans. Et elle a dit oui. J'ai commencé à interviewer toutes les filles que je rencontrais en tournée - leur demandant ce que ça leur faisait d'être une femme dans un groupe. J'ai envoyé les interviews à Tobi, et en retour, elle m'a répondu me demandant si ça me dirait de monter un groupe avec elle...

C'est le début de l'aventure Bikini Kill. Le groupe, soutenu par Calvin Johnson, cherche d'entrée à inciter le filles à venir aux concerts, et carrément près de la scène! Elles revendiquent clairement et outrageusement une place pour les filles, et pas celle du pauvre.

Kathleen Hanna : Pour Olympia, c'était vraiment une époque excitante, parce que beaucoup d'entre nous étaient jeunes et idéalistes. On était vraiment excité d'être dans un groupe féministe. Une grosse partie de la mission qu'on se donnait était de se faire connaître pour inspirer d'autres filles à se mettre à la musique, parce que, personnellement, on voulait une scène. Une des choses que le grunge nous a apporté, c'est qu'il nous a montré qu'il pouvait y avoir une grosse scène musicale rien qu'à l'endroit ou on vivait. On n'était pas vraiment parti prenante dans la scène dite grunge - c'était surtout une scène de mecs. Il y avait définitivement beaucoup de sexisme. En dehors de Kim des Fastbacks, c'était le désert coté filles. On voulait juste notre propre scène. On voulait plus de filles aux concerts, plus de filles à jouer dans des groupes.

Allison Wolfe : Après le lycée, je suis parti un an en Thailande dans le cadre d'un échange étudiant. Je suis revenu juste avant l'été 1989. c'était comme un nouveau départ pour moi. J'ai commencé à fréquenter pas mal les concerts punk. Et je me suis mis à écouter Beat Happening. J'étais vraiment intéressé par l'idée de faire sa propre musique dans son propre appartement pour soi même et ses amis. C'est comme ça que j'ai rencontré Kathleen Hanna, dans le bus beaucoup, et à certains concerts - j'étais vraiment intrigué par elle. Un jour je l'ai vu jouer au Reko avec Viva Knievel. Elle chantait, et elle était tellement puissante - elle semblait taré sur scène. Et aussi, le même été, j'ai vu Calamity Jane. L'un comme l'autre ont vraiment fait grosse impression sur moi. L'année d'après, à l'Université, j'ai rencontré Molly (Neuman, future batteuse de Bratmobile), et au bout d'un moment, on ne s'est plus quitté. On s'est vraiment influencées toutes les deux. Et la combinaison politique + musique DIY qui était en vigueur à Olympia nous excitait beaucoup, et l'idée de faire notre propre truc est venue. On sortait pas mal avec Calvin (Johnson) et de fait, aussi avec Tobi et Kathleen. Ils nous ont beaucoup influencés. Et de fil en aiguille, on prenait confiance dans l'idée qu'on pouvait se lancer aussi. Molly a commencé à prendre des leçons de guitare, de mon coté j'écrivais des poèmes, et on a commencé à dire aux gens qu'on était un groupe. On a pensé qu'on était des chipies (brat) et qu'on voulait être mobile, donc on s'est appelé Bratmobile.

Kathleen Hanna : On s'entendait vraiment bien avec ce groupe, Nation Of Ulysses. On a tourné avec elles, et comme elles vivaient à Washington DC, on a finit par s'installer là bas pendant deux années. Quand nous étions là bas, entre deux tournées je me faisait chier, et moi et mes amis Allison et Sharon Cheslow parlions beaucoup de la condition de la femme, de féminisme. On a décidé d'organiser un meeting. Molly et Allison étaient de Bratmobile, et elles avaient un fanzine appelé Riot Grrrl. Le meeting a commencé, et bon, c'était rien d'autre qu'une réunion a propos de la conscience féministe - dans la scène punk. Je sais pas comment, on a parlé de nous dans la presse. Et alors pleins d'autres filles dans le pays ont commencé à organiser des meetings. D'un seul coup, de la même manière que la presse avait appelé grunge "grunge", elle s'est mise à appelé les Riot Grrl "Riot Grrrl"

Allison Wolfe : Tobi Vail utilisait souvent le terme "Angry Girl". Elle avait une amie, Jen Smith, qui était de DC, et qui avait pas mal d'idées. Elle nous avait parlé d'une révolte (riot) qui avait eu lieu dans une banlieue de Washington DC où vivait une grosse majorité de la communauté punk du coin : Mount Pleasant. Il y avait là bas aussi une grosse minorité d'origine salvadorienne, et cette population là était vraiment oppressée par la police et les lois anti-immigration. Je pense que c'était en 1991, il y avait eu une fusillade là bas, et un salvadorien avait été tué par un flic dans la rue. Les gens étaient révoltés, et ils avaient brulé des bâtiments. Ça avait fait une grosse impression sur les gens qui vivaient là, et en particulier sur la communauté punk. cette fille parlait beaucoup de ça : de révolte, d'insurrection, et un jour elle nous a sorti : "Je pense qu'on a aussi besoin d'une insurrection de filles (riot girl). C'est comme ça qu'est arrivé cette expression, Riot Grrrl. Cet été là, on s'est mit à l'utiliser pour des fanzines et des meetings.

Tinuviel (co-fondatrice du Kill Rock Stars Label et organisatrice de concerts à Olympia) : J'étais à Olympia à l'époque. Je me souviens Kathleen, Tobi et Allison revenant avec des tonnes d'informations qu'elles avaient collectés pendant l'été sur le sujet (rires). Et à ce moment là, ça a juste explosé.

Perso je trouve ça vraiment intéressant de voir comment tout un chacun, des mademoiselles tout le monde pour ce qui concerne les Riot Grrrl, rien qu'avec un rien de volonté, une touche d'idéalisme, et une conviction profonde, peut arriver à se faire entendre. Chapeau bas les Riot Grrrl!!! Du Bikini Kill et du Bratmobile dans la playlist Grooveshark à droite : faut vraiment écouter ça, c'est moins connu que Hole ou L7, mais certainement tout aussi bon. Quelques vidéos choppées sur le net en sus... PS : rien à voir, mais Sly vient de mettre en ligne un super petit docu sur les Melvins en français s'il vous plait, sur le blog Seattle Sound...





Sources tirées de "Grunge Is Dead" de Greg Prato

26/02/2011

La vie entre Kyuss et Queens Of The Stone Age : Josh Homme chez les Screaming Trees

1995 : l'ultra culte Kyuss se brule les ailes après 4 albums phénoménaux. Josh Homme décide de quitter son désert natal pour d'autres horizons. Allez savoir pourquoi, c'est Seattle qu'il choisit!!!

Josh Homme : Je suis allé au seul endroit ou je savais que la musique était morte – Seattle. Le grunge était finit, et si un semblant de bon groupe ou d'une quelconque scène pointait son nez, là bas ils étaient morts d'avance. A Seattle à l'époque, ils essayaient de tout détruire, ils détestaient tout. Pour moi c'était parfait. J'y allais dans le but de ne pas jouer la moindre musique. J'essayais de me séparer de ma maison de disque, Elektra. J'avais ce plan de leur demander une avance de fric ridicule pour enregistrer quelques démos, en pensant qu'en les écoutant, ils me considéreraient comme perdu, et me ficheraient la paix. Mais ils n'en ont rien fait! Et ils m'ont filé le fric! J'ai pensé, ok, je vais chanter, ça me fera peut être démarrer. Et ça l'a fait!

J'ai fini chez les Screaming Trees comme second guitariste. Mais c'était juste pour une tournée. Je leur ai d'abord dit que je ferais le Lollapalooza avec eux, et qu'ensuite je rentrerais chez moi pour reprendre mes études (il n'a que 23 ans à l'époque). Mais, sur la route du Lollapalooza, quelque part au Nouveau Mexique, quelque chose s'est révélé en moi. Qu'est ce que j'allais foutre à refaire des études? Qu'est ce que j'en avais à foutre qu'il y ait pléthore de groupes, qu'est ce que j'en avais à foutre si personne n'aimait ma musique? C'est ce que je déteste dans le punk rock, quand on commence à anticiper ce que les gens vont penser de vous. J'ai laché cette attitude pourrie et j'ai décidé de continuer la musique. C'était ma période « aventurier » (rires). Ma période « kung fu ».

Josh passera une année dans le giron des Trees, bâtissant une solide amitié avec Mark Lanegan, ainsi qu'avec nombre de musiciens de la scène de Seattle. Au passage, il apporte une certaine fraicheur à un groupe miné par les querelles, mais paradoxalement au zénith de sa gloire.

Van Conner (bassiste des Screaming Trees) : Josh était vraiment un gars super en tournée, et un très très bon ami. Avec lui tout était tellement plus fun. On voulait avoir un second guitariste - il était étudiant, donc on lui avait causé deux mots pour qu'il nous accompagne au Lollapalooza. Ça déchirait vraiment de les voir, lui et Lee, jouer ensemble - j'espère que j'ai des bandes des concerts, parce que, au milieu de la tournée, tout d'un coup ça a fait tilt entre eux deux. Ils ont commencé à faire des impros de tarés ensemble pendant les concerts. La venue de Josh a définitivement été un temps fort de la dernière partie de vie des Trees - il nous a donné une énergie nouvelle. J'espérais qu'on puisse enregistrer un album avec lui, mais ça a tombé à l'eau. On allait faire une seconde tournée, mais les histoires de drogues et d'alcools ont finit par détruire ce qu'il restait du groupe...

Le passage de Josh Homme dans le NorthWest annonce la suite d'une longue collaboration avec la scène de Seattle. La génèse de QOTSA voit le petit coup de pouce de Matt Cameron et Van Conner, alors que le concept des Desert Sessions accueillera Ben Shepherd, Dave Grohl ou Mark Lanegan, et servira de prélude au chef d'oeuvre des Queens : Songs For The Deaf. En vidéo, Witness en live avec Josh... Et Green Machine par Kyuss, parce que j'aime trop ce groupe!!!